Exotec fait évoluer sa solution d’entrepôt logistique robotisée. La licorne française a présenté le 6 février une nouvelle version de son système de stockage et de son robot Skypod, au cœur de la solution. À la clé de cette deuxième version, qui a nécessité quatre ans de R&D : une densité de stockage plus élevée, un débit amélioré et davantage de processus logistiques pris en charge. Explications.
La densité de stockage améliorée de 30%
Les robots Skypod, toujours assemblés dans les usines lilloises (Nord) de la licorne, n’évoluent pas qu’au sol, mais sont capables de se déplacer en trois dimensions. Les racks de rangement remplissent donc les entrepôts jusqu’au plafond : les robots avancent à 4 mètres par seconde dans les allées et s’agrippent aux racks pour grimper et attraper le bac dans lequel sont entreposés les produits à récupérer. «Désormais les robots plus compacts peuvent aller sous les racks et se déplacer dans les deux directions sans avoir à tourner sur eux-mêmes, ce qui permet de gagner jusqu’à 30% de surface», détaille Renaud Heitz, cofondateur d’Exotec. Car il n'y a dorénavant plus besoin d’allées pour que les robots puissent se croiser.
Exotec Désormais les robots Skypod, plus compacts, peuvent se déplacer sous les racks de rangement. Crédit : Exotec
Peu d’IA, mais beaucoup de mathématiques
«Les équipes logiciels ont donc amélioré la façon dont le robot se déplace pour prendre en compte ses nouvelles capacités», détaille Stéphanie Foucart, responsable de la R&D logiciel. À commencer par renforcer la justesse de la localisation du Skypod lorsqu’il évolue sous les racks. Terminé les lidars, ces capteurs lasers plutôt coûteux et efficaces, qui équipent la précédente génération de robots, mais qui manquent de précision. Exotec se contente de caméras dont elle ne précise pas le nombre.
«Nous avons changé la façon dont sont interprétées les données issues des capteurs et conçu un système de guidage au sol low tech», précise Stéphanie Foucart. Concrètement, des bandes réfléchissantes sont positionnées sur le sol de l’entrepôt : les robots peuvent les détecter sans glisser dessus et les suivre. Coupler au calcul du nombre de tours de roues, les Skypods se localisent parfaitement. «On a développé les outils et le robot qui permettent de déposer ces bandes rapidement et avec une très faible marge d'erreur», ajoute la responsable de la R&D logiciel.
Au final, Exotec utilise très peu d’algorithmes d’intelligence artificielle. «Aujourd’hui on s’en sort encore bien avec les mathématiques», assure Stéphanie Foucart. «Des modèles de vision par ordinateur sont utilisés pour aider notre autre robot, le bras articulé Skypicker, à estimer où il doit positionner son préhenseur», ajoute-t-elle. Bref, la robustesse d’algorithmes plus traditionnels est pour l’instant préférée à l'IA.
Amélioration du logiciel de supervision
Autre point d’amélioration : le logiciel qui supervise la gestion de l’entrepôt et donne les informations aux robots permet d'aller plus loin dans la préparation de commandes. Désormais, deux robots peuvent arriver simultanément : l’un avec le bac de stockage des produits, l’autre avec les contenants d’expédition (cartons, ...). «Le logiciel a été retravaillé pour être plus ergonomique et l’opérateur mieux guidé dans son geste métier», détaille Stéphanie Foucart. L’opérateur positionné à la station de préparation voit sur l’écran la photo de l’article à récupérer et où il doit le mettre dans le carton.
Exotec Exotec a amélioré l'ergonomie du logiciel avec lequel l'opérateur interagit. Crédit : Exotec.
Pour libérer encore plus de place au sol, une zone spéciale de racks a été créée pour entreposer les commandes prêtes en hauteur. Enfin, une dernière amélioration logicielle a été apportée : les robots sont capables d'amener les cartons au camion dans le bon ordre de livraison. Si ce système est utilisé pour des commandes de courses dites «drive», un système de convoyeur permet aux courses d’arriver directement à la zone d’attente du client. Cela fait deux ans qu’Exotec teste cette deuxième version au drive du Leclerc Seclin (Nord). L’occasion pour les équipes de peaufiner et d'améliorer le système avant un déploiement plus large. Vingt nouveaux systèmes sont déjà commandés, dont l'installation par Exotec doit s'étaler sur deux ans.
Les principaux clients de la licorne française sont «des spécialistes de la vente qui souhaitent améliorer leur système de réapprovisionnement des magasins avec la possibilité de se développer dans la vente en ligne», détaille le cofondateur Renaud Heitz. Le business model d'Exotec repose sur la vente du système d’entrepôt et un abonnement pour la maintenance des équipements et du logiciel. «Il est possible de louer d’autres robots pour les pics d’activité, ajoute Renaud Heitz. Comme Monoprix qui multiplie par deux la performance d’un de ses entrepôts par la location.» Avec cette version plus modulaire de son entrepôt robotisé, la pépite espère séduire de nouveaux clients à travers le monde.



