Changement de propriétaire. Le pétrolier Esso a annoncé le jeudi 11 avril un projet de cession de ses activités raffinage et de dépôt du sud de la France au consortium Rhône Energies, composé des deux spécialistes du raffinage Entara LLC et Trafigura. Celui-ci mettra ainsi la main sur la raffinerie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), ainsi que les dépôts de Fondeyre, à Toulouse (Haute-Garonne) et Villette-de-Vienne (Isère). La réalisation de la transaction devrait intervenir d'ici à la fin de l'année 2024. Les 310 salariés des sites concernés devraient tous être transférés dans la nouvelle entité Rhône Energies.
«L’entreprise vise à améliorer les marges économiques, la flexibilité de production et les procédés industriels, indique le consortium dans un communiqué. Elle compte également maximiser la transformation de produits à haute valeur ajoutée, tout en investissant dans la sureté des processus et du personnel.» L'acquéreur projette également d’investir dans des «projets de cotraitement de matières premières biogéniques pour produire des carburants renouvelables», ainsi que dans une réduction de l’empreinte carbone du site de Fos-sur-Mer.
Le site de Fos représente environ 10% du raffinage français pour une capacité de traitement du pétrole brut de 140000 barils par jour, avec 5,2 millions de tonnes de pétroles bruts. Pour justifier son projet de reprise du site de Fos-sur-Mer, le consortium pointe son «accès direct à un port majeur, des frais d'exploitation compétitifs et d’une capacité de traitement d’une large gamme de produits bruts.»
677 postes supprimés en Seine-Maritime pour le groupe ExxonMobil
De son côté, Esso continuera à approvisionner ses clients français depuis sa raffinerie de Gravenchon à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime) en produits énergétiques : carburants, combustibles ainsi qu’en produits de spécialités (lubrifiants, huiles de base et bitumes). Le groupe américain ExxonMobil, auquel appartient la marque Esso, a annoncé ce même jour l’arrêt de ses activités chimiques sur son site normand, avec la suppression de 677 postes en 2025 (en dehors de l'activité de raffinage).
ExxonMobil réorganise ses activités alors que les plateformes pétrolières françaises subissent de plein fouet le recul de la demande de produits pétroliers. Parmi les principaux facteurs, la perte de vitesse du chauffage au fioul et l'électrification progressive du parc automobile.



