Entreprises, écoles, particuliers : une nouvelle méthode en ligne pour autoévaluer les risques de contamination au Covid-19 en intérieur

Jetez les mètres, sortez les chronomètres ! Des chercheurs américains ont récemment mis au point une méthode en ligne, accessible à tous, permettant de limiter la transmission aérienne du COVID-19 en intérieur, en déterminant une durée maximale de temps passé dans un espace clos.

Réservé aux abonnés
Femme travail masque Covid-19
Une méthode pour limiter le risque de contamination au Covid-19 en intérieur.

Martin Z. Bazant et John WM Bush, tous deux professeurs de mathématiques appliquées au Massachusetts Institute of Technology, viennent de publier dans la revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA) une méthode inédite d’évaluation du risque de transmission du Covid-19 en intérieur. Basée sur le facteur de temps d’exposition au risque, elle pourrait constituer un outil utile pour sécuriser le retour au travail ou à l’école.

Gare à la transmission aérienne

Les deux chercheurs rappellent qu’il existe, à ce jour, trois voies possibles de contamination au COVID-19 identifiées : la transmission via la projection de grosses gouttes de la bouche de la personne infectée (« transmission à grande goutte »), le contact physique avec des gouttelettes déposées sur des surfaces (« transmission par contact ») et l’inhalation de microgouttelettes éjectées par une personne infectée et maintenues dans l’air par les courants d’air ambiants (« transmission aérienne »).

Les auteurs affirment qu’ « il y a maintenant des preuves accablantes que la transmission aérienne à l’intérieur (…) joue un rôle dominant dans la propagation du COVID-19 ». A titre d'exemple, est notamment évoqué le cas de résidents d’un immeuble de grande hauteur coréen, infectés au COVID-19 à travers les conduits d’air reliant leurs appartements.

Dans les espaces clos, des minuscules gouttelettes contenant des agents pathogènes en suspension auront tendance à flotter dans l’air pendant de longues périodes de temps et à se mélanger dans tout l’air de la pièce par les courants d’air. Dans une chambre d’hôpital, la présence de particules virales infectieuses du SRAS-CoV-2 a ainsi pu être retrouvée dans les échantillons d’air prélevés à presque 5 mètres du patient infecté.

Face à ce constat, il est évident que les mesures de distanciation sociale, sur lesquelles l’accent a longtemps été mis par les autorités sanitaires, ne peuvent rien contre la transmission aérienne. Plus que la distance, ce sont le port du masque et l’aération qui importent.

Création d’une méthode pour autoévaluer les risques de contamination en intérieur

Les deux chercheurs ont étudié le rôle de différents facteurs dans la contamination aérienne en intérieur et ont mis au point une méthode pour limiter le risque de transmission du virus à l’intérieur. Selon eux, le caractère inédit de leur méthode repose sur la fixation d’une durée limite de temps passé dans un espace, pendant lequel il existe peu de risques de contamination, même en présence d’une personne infectée.

La méthode consiste donc à suggérer à l’utilisateur une limite de temps de présence dans la pièce sans risque de contamination, basée « sur le nombre de personnes présentes dans la pièce, la taille de celle-ci, les activités qui se déroulent dans la pièce, le port ou non du masque et les taux de ventilation et de filtration ». Le résultat varie également selon le type de variant impliqué, puisque chaque variant possède son propre taux de transmissibilité.

Bonne nouvelle, cette méthode est gratuite accessible à tous. Sur la base de leurs travaux, Martin Z. Bazant et John WM Bush ont ainsi mis au point, avec l’aide du développeur Kasim Khan, une application mobile et un site web en libre accès. Bureaux, salles de classe, appartement, wagons de train… chacun peut ainsi mesurer les risques qu’il encourt dans chaque situation et connaître le temps pendant lequel il pourra demeurer au sein d’un espace sans encourir de risques de contamination.

Un outil précieux qui a, selon ses concepteurs, déjà influencé certaines entreprises dans leur prise de décision quant aux conditions de réouverture de leur bureaux et qui pourrait s’avérer utile à chacun pour la reprise, en France, des activités en présentiel.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.