La situation du fabricant de meubles Gautier ne semble pas s’améliorer. Après avoir été placé en redressement judiciaire le 18 juillet dernier, le fabricant de meubles vendéen a annoncé par voie de communiqué avoir «pris plusieurs décisions d’optimisation comme la réduction d’un certain nombre de références produits, ainsi qu’une réorganisation industrielle et fonctionnelle, le tout entrainant une suppression d’environ 50 postes» parmi les 750 salariés de l’entreprise, qui travaillent principalement dans ses trois usines en Vendée.
Victime de la crise immobilière
Ces décisions font partie d’un plan de transformation amorcé cet été, et qui a pour objectif de «s’adapter au ralentissement économique mondial, et garantir ainsi la pérennité de l’entreprise». Interrogé par L’Usine Nouvelle en novembre 2023, David Soulard, président de l’entreprise, pointait deux causes derrière cette baisse. «La crise immobilière, ainsi que les difficultés éprouvées par les ménages, se ressentent depuis un an et demi», déclarait-il alors. À cela s’ajoute la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie générée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui a aussi obéré le chiffre d’affaires du fabricant à l’international, qui représentait 20% de son activité en 2023, d’un montant de 110 millions d’euros.
Sur le plan social, la direction de l’entreprise familiale se veut rassurante. «Le groupe Gautier met tout en œuvre pour accompagner chaque collaborateur concerné par ce processus et salue un dialogue constructif mené avec l’ensemble de nos organisations syndicales représentatives, dont la CFDT qui est majoritaire, et FO, ainsi qu’avec le comité social et économique. Cela s’est concrétisé par la signature d’un accord majoritaire en ce début de mois de décembre». Le contenu dudit accord et du dialogue mené avec les syndicats n’est toutefois pas précisé.
Ce n’est pas la première fois que le groupe se retrouve dans de telles difficultés. Créée en 1960, la société finit en liquidation en 1985, et se fait racheter par le groupe Séribo. Dominique Soulard, père de David Soulard et alors directeur général de l’entreprise, se fait limoger par son actionnaire en 1999, provoquant un évènement inédit : tous les salariés de l’entreprise se mettent à faire grève pour obtenir le maintien du directeur général, qui finit par racheter Gautier lui-même.



