Chaque année, 500 millions de poussins mâles sont tués en Europe, par broyage ou gazage, pour des raisons économiques car ils ne donnent pas assez de viande.
Sous la pression des associations de défense du bien-être animal, la France et l’Allemagne se sont donc engagées à y mettre un terme d’ici à la fin 2021. "Nous ne mettrons pas à mal la santé financière déjà fragile de la filière volaille, mais nous devons trouver des alternatives car les consommateurs n’acceptent plus ces pratiques", a jugé Didier Guillaume, le ministre français de l’Agriculture qui participait lundi 13 janvier à une conférence sur le sujet à Berlin, avec son homologue allemande Julia Klöckner. "Nous voulons que nos deux pays soient moteurs en la matière en Europe, a confirmé cette dernière. Nous avons déjà investi 8 millions d’euros d’argent public et nous sommes prêts à passer à la phase pratique." De son côté, la France a investi entre 4 et 4,5 millions d’euros en recherche.
La technologie de « sexage in ovo »

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Dans les deux années à venir, l’une des pistes est donc de créer une race de poules hybride, capable à la fois de pondre des œufs – mais en moindre quantité que les races actuelles – tout en donnant des mâles avec suffisamment de chair pour être commercialisés.
Les autres alternatives se tournent vers la technologie de « sexage in ovo », qui vise à déterminer le sexe du poussin avant le 14ème jour de gestation. Parmi les dizaines de projets en cours dans le monde, l’un des plus avancés est proposé par l’entreprise allemande Seleggt qui commercialise déjà, dans plusieurs supermarchés de la chaîne Rewe, des œufs dont le sexe a été identifié via la technique d’endocrinologie. Celle-ci consiste à percer un petit trou dans la coquille, au neuvième jour de ponte, à réaliser un prélèvement de sérum et à le tester. Si Seleggt a vendu un million de ces œufs l’an dernier et vise les 2 millions en 2020, cette technique reste limitée dans son application commerciale, pour des raisons de rapidité, car le test nécessite plusieurs heures.
C’est pourquoi le Français Tronico, à La Roche-sur-Yon, en Vendée mise avec son projet Soo sur une technique plus rapide et moins chère, qui favorise la spectroscopie (réponse à une impulsion lumineuse) et l’utilisation de biocapteurs, pour déterminer le sexe par transparence, sans percer la coquille. Selon le même principe, l’Allemand Agri Advanced Technologies GmbH (AAT) travaille également sur une technique d’identification optique non invasive.
Appel au volontariat
Reste à savoir si elles seront suffisamment compétitives pour inciter les éleveurs à investir, sachant que cela se fera sur la base du volontariat et non dans le cadre d’une loi. Si l’on ne connaît pas le coût, ni les modalités de commercialisation de ces solutions brevetées, Seleggt annonce pour l’heure un surcoût modéré de ses œufs en magasin, de deux centimes par unité, par rapport à des œufs de poules élevées en plein air.
D’autres débouchés pour les éleveurs pourraient aussi compenser les frais d’investissements. "La poudre d'œuf pour consommation animale permettrait d’écouler cinq millions d’œufs mâles", a chiffré Julia Klöckner. Si la filière volaille allemande se dit prête à coopérer, elle s’inquiète cependant d’une perte de compétitivité par rapport à ses voisins européens, qui ne serait pas soumis à l’interdiction du broyage des poussins.



