1 - Pourquoi broyer les poussins ?
"La fin du broyage des poussins a sonné. La France et l'Allemagne doivent être le moteur européen pour avancer sur cette question", c'est par ces mots que le ministre français de l'agriculture Didier Guillaume a conclu un séminaire de travail réunissant les associations de défense du bien-être animal et les représentants de filières agricoles française et allemande, lundi 13 janvier.
La pratique controversée est utilisée dans les couvoirs pour permettre aux industriels de se débarrasser des poussins mâles incapables de pondre.
Pour les acteurs de la filière, cette pratique a avant tout une raison économique: les poussins mâles, qui n'ont pas vocation à devenir des poules pondeuses et donnent peu de viande, ne sont pas rentables. Les nourrir et les entretenir représentent donc un coût inutile. Au total, en France, on estime que plus de 50 millions de poussins sont éliminés chaque année dans des broyeuses mécaniques ou par asphyxie au dioxyde de carbone..

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2- Que dit la législation sur le sujet?
En France, Le broyage de poussins est autorisé par un arrêté du 12 décembre 1997 qui autorise la mise à mort des poussins dans les couvoirs par "utilisation d’un dispositif mécanique entraînant une mort rapide".
A l'échelle européenne, cette technique est autorisée par un règlement européen de 2009, sur "la protection des animaux au moment de leur mise à mort". Dans ce texte, il est précisé que le broyage doit permettre une mort "immédiate" des poussins "jusqu’à 72 heures" après la naissance. La réglementation établit également des critiques en termes de "taille maximale du lot à introduire", de "distance entre les lames" et la "vitesse de rotation" du dispositif mécanique.
Pour mettre fin à la pratique, les associations de défense du bien-être animal à l'image du CIWF présents le 13 janvier lors du séminaire de travail, demandent des engagements clairs sur le sujet. Pour le moment, aucune loi n'est toutefois envisagée.
3- Quelles sont les alternatives à cette pratique ?
La France et l'Allemagne se sont laissées jusqu'en 2021 pour abolir cette pratique. Ce délai doit permettre aux deux pays de mettre en place des alternatives au broyage.
En Allemagne, une première solution a déjà émergé : la sélection des poussins avant leur éclosion. Proposée par l'entreprise allemande Seleggt, le "sexage in ovo" permet de détecter le sexe du poussin dans l’œuf et ainsi de ne couver que les femelles. Selon la start-up, cette solution aurait un surcoût de deux centimes par œuf. La technique est déjà utilisée par la ferme Limousine PouleHouse connue pour ses prises de positions en faveur du bien-être animal.
En France, la société vendéenne Tronico travaille également sur le sujet avec le financement du ministère de l'Agriculture. L'entreprise devait lancer un premier prototype en 2017 mais face aux difficultés techniques, la solution n'est toujours pas sortie des laboratoires de la Roche-sur-Yon.
Une autre solution repose sur la création d'une race mixte qui serait à la fois propre à la ponte et à la consommation de viande. Actuellement, les poussins mâles de la filière "ponte" sont issus de souche génétique différente des poussins de la filière "poulets de chairs". Ils produisent donc très peu de viande. Interrogée sur le sujet en février dernier, l'association de défense de bien-être animal Welfare dénonçait le manque de volonté de la filière avicole pour travailler à la création de cette nouvelle race.
Lors de la réunion du 13 janvier, les ministres de l'Agriculture français et allemand ont évoqué le lancement d'une plate-forme d'échange au niveau européen afin de stimuler la recherche, d'éviter les doublons et de "gagner du temps".



