En 2020, la Chine continuera de tirer le marché mondial de la volaille

Conséquence de l’épidémie de peste porcine, la Chine se tourne fortement vers la volaille, aussi bien en en important qu’en en produisant sur place.

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poulets, volaille
Le marché de la volaille bénéficie de la forte demande chinoise.

L’impact de la peste porcine africaine continuera à se faire sentir en 2020 à travers le monde. Premier producteur et consommateur mondial de porc, la Chine a vu sa production reculer de 25% en 2018 et de 20% en 2019. La production de porc dans les pays d'Asie du Sud-Est tels que les Philippines, le Cambodge et le Laos a également été fortement touchée et a accusé des baisses comprises entre 10% et 25% en 2019. Parmi les rares segments qui devraient en profiter, figure la volaille. La Chine devrait enregistrer une hausse de 15% de la production locale en 2019. Le Mexique, touché par l’influenza aviaire début 2019, devrait aussi être très demandeur.

L’approvisionnement chinois est toujours largement assuré au moyen de l’import. Les États-Unis ont maintenant retrouvé l’accès au marché chinois, après en avoir été boutés durant quatre ans à la suite d’un cas d’influenza aviaire en 2015. En 2018, 85% des importations chinoises de volailles provenaient du Brésil. De nombreux investissements dans l’élevage de canards et de poulet sont par ailleurs constatés en Asie, provoquant un risque financier, selon Rabobank. "Ils provoquent déjà de la volatilité sur des marchés comme le Vietnam, où les prix intérieurs du poulet ont fortement chuté", souligne la banque néerlandaise.

D’après le département américain de l’Agriculture, 12,7 millions de tonnes (Mt) de viande de poulet seraient produites au total en 2019 en Chine, contre 11,7 Mt en 2018 et 11,6 Mt en 2016. Il faut remonter à 2015 pour retrouver un niveau supérieur (13,4 Mt). Pour les approvisionnements en génétique aviaire, les producteurs chinois se tournent notamment vers l’Europe, même si un épisode d’influenza aviaire hautement pathogène a affecté plusieurs pays (Allemagne, France, Pologne…) en 2015 et en 2016. Au total, 57% de la production chinoise de viande de poulet s’effectue à partir de souches internationales, et à 28% de souches locales.

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Le Brexit pourrait rebattre les cartes du marché européen

Ailleurs dans le monde, la situation du marché de la volaille montre également des signes positifs. Aux Etats-Unis, la production devrait croître de 3% au premier semestre 2020, aidée par la réouverture des frontières chinoises. La hausse des prix du bœuf contribue à soutenir le secteur. Au Brésil, la production augmenterait de 2% en 2020. Les prix élevés du bœuf ainsi qu’une légère augmentation des prix des aliments pour animaux sont à noter.

Dans l’Union européenne, les Pays-Bas et la Pologne pourraient pour leur part faire les frais du départ du Royaume-Uni. "Le Brexit pourrait également être une opportunité pour les exportateurs potentiels hors Union européenne vers le Royaume-Uni, comme le Brésil, la Thaïlande, la Chine et les Etats-Unis", indique Rabobank. En 2019, les industriels européens de la volaille ont dû affronter un ralentissement de la croissance de la demande (2,2%, contre 4% en 2018) ainsi qu’une hausse des importations (+6%).

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