[Édito] : Cap sur le vapocraquage neutre en carbone

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Dow Fort Saskatchewan
Dow Fort Saskatchewan

Comme tout grand acteur mondial de la pétrochimie, Dow doit se placer sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone en 2050, tout en délivrant de la croissance et de la valeur à ses actionnaires. Aussi, alors que le compte à rebours s’égrène inexorablement, le géant américain a décidé d’accélérer sa décarbonation. À ce titre, l’Investor day 2021, qui s’est tenu le 6 octobre dernier, fera probablement date, tant les annonces y ont été nombreuses. En matière d’économie circulaire, Dow veut, par exemple, permettre la réutilisation ou le recyclage d’un million de tonnes de plastique par le biais de ses actions directes et de ses partenariats d’ici à 2030. Sur le plan énergétique, il multiplie les accords d’approvisionnement partout dans le monde, et notamment en France, pour accéder à 100 % d’électricité verte. Enfin, on ne peut pas passer à côté de l’annonce la plus spectaculaire de la journée : la construction du premier complexe au monde de production d’éthylène et de dérivés zéro émission scope 1 (émissions directes de gaz à effet de serre) et scope 2 (émissions indirectes liées à l’énergie). Le projet, qui reste soumis à l’approbation du conseil d’administration de Dow, devrait voir le jour sur son site de Fort Saskatchewan, en Alberta (Canada). L’objectif est de tripler la capacité d’éthylène et de polyéthylène d’ici à 2030 (+1,8 million de tonnes par an pour l’éthylène), tout en modernisant les actifs existants pour leur permettre d’atteindre la neutralité carbone. Le montant de l’investissement n’est pas précisément divulgué, mais le groupe prévoit d’allouer environ un milliard de dollars d’investissements par an pour décarboner sa base d’actifs mondiale, « dans une approche progressive, site par site ».

Reste une question en suspens : comment Dow va-t-il s’y prendre pour décarboner des productions aussi énergivores que celles de l’éthylène et du polyéthylène ? Premier indice, il utilisera la technologie best in class de son craqueur de Freeport au Texas, récemment mis en service, qui affiche une intensité carbone inférieure de 60 % à celle d’un craqueur standard. Par exemple, par conception, les fours de craquage, chauffés au méthane, vont bénéficier d’une intégration optimisée avec d’autres installations du site, pour réduire considérablement la consommation d’énergie et les émissions de CO. L’hydrogène, qui est coproduit avec les oléfines, sera réutilisé comme énergie propre dans le processus de production. Quant au CO émis, il sera capturé sur place (technologie CCS), puis transporté et stocké grâce à des infrastructures dédiées mises en place en Alberta.

Pour l’heure, le groupe américain n’évoque pas l’électrification de ses fours de craquage (e-cracker), comme le prône son confrère allemand BASF, qui contractualise, en même temps, avec des producteurs d’énergie renouvelable. Dow estime qu’en basant son projet sur des technologies éprouvées, il pourra voir le jour à plus court terme, d’ici à 2030. Le vapocraquage électrique est cependant un sujet qu’il étudie de près, notamment dans le cadre d’une collaboration avec Shell, initiée en 2020. Une décision de construction de pilote sera prise en 2022, pour un démarrage de l’installation en 2025. Ceci repousse à la période 2030-2050 l’émergence du vapocraquage électrique chez Dow. Mais il reste une voie d’avenir.

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