Droits de douane américains réciproques : Emmanuel Macron reçoit les industriels ce 3 avril, l'Europe prépare des contre-mesures

Les réactions sont nombreuses ce 3 avril après l'annonce par Donald Trump de la mise en place de droits de douane "réciproques". Emmanuel Macron va réunir des représentants des filières affectées à 16 heures à l'Elysée.

AFP NE PAS REUTILISER Trump annonce droits de douane
Mission accomplie : Donald Trump a provoqué la stupeur dans tous les pays du monde avec ses annonces de droits de douane du 2 avril.

L'onde de choc des annonces de Donald Trump se propage dans le monde entier. Le président américain a annoncé le 2 avril des droits de douane appliqués aux importations de tous les pays, allant de 10 à 50%. L'Union européenne, qui pouvait craindre un taux de 25%, s'en sort finalement avec un taux de 20%. Elle va continuer de négocier, mais n'exclut pas des contre-mesures. La Chine subira des taxes de 34% et prépare aussi sa riposte. Des taux qui s'ajoutent aux mesures sectorielles déjà annoncées par les États-Unis portant sur l'automobile, l'acier et l'aluminium.

Réunion à 16h à l'Elysée

Emmanuel Macron n'a pas tardé à réagir. Il va réunir à 16 heures à l'Élysée «les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les États-Unis», a annoncé la présidence de la République. Les présidents des comités stratégiques de filière (comme Guillaume Faury pour la filière aéro, en tant que président du Gifas) sont invités.

Ursula van der Leyen, présidente de la Commission européenne, évoque un «coup dur pour l'économie mondiale et les consommateurs». «L'incertitude va monter en flèche et déclencher la montée d'un nouveau protectionnisme. Les conséquences seront désastreuses pour des millions de personnes dans le monde. Nous sommes déjà en train de finaliser un premier paquet de contre-mesures en réponse aux droits de douane pour l'acier. Et nous nous préparons maintenant à d'autres contre-mesures pour protéger nos intérêts et nos entreprises si les négociations échouent.»

La Chine menace, le Royaume-Uni veut négocier

Pékin, par la voix de son ministère du Commerce, a appelé Washington à annuler les taxes annoncées le 2 avril, et se prépare à prendre des contre-mesures. «Il n'y a aucun vainqueur dans les guerres commerciales, et il n'y a pas d'issue au protectionnisme. La Chine appelle les États-Unis à lever immédiatement les droits de douane unilatéraux et à résoudre convenablement les différends avec leurs partenaires commerciaux par le dialogue et sur un pied d'égalité.»

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Keir Starmer, le premier ministre britannique, estime que «les décisions prises par les États-Unis auront un impact économique». "Nous continuerons à négocier un accord dans notre intérêt. Les décisions ne seront guidées que par nos intérêts nationaux et par ce qui est le mieux pour la sécurité des travailleurs».

Giorgia Meloni, présidente du conseil italien et alliée politique de Donald Trump, n'a pas eu de traitement de faveur. «Nous ferons tout notre possible pour travailler à un accord avec les États-Unis dans le but d'éviter une guerre commerciale qui affaiblirait inévitablement l'Occident au profit d'autres acteurs mondiaux», a-t-elle réagi.

En France, le secteurs des vins et spiritueux alerte, la Febea et la CPME appellent l'UE à l'unité

Les ventes de vins et spiritueux français devraient chuter d'au moins 20% aux États-Unis après l'annonce par le président américain Donald Trump de droits de douane dits «réciproques», a déclaré la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) à l'agence Reuters. Son président Gabriel Picard, a estimé que les droits de douane de 20% imposés sur les boissons en provenance de l'UE étaient «colossaux».«Cela aura un impact très significatif sur les affaires aux États-Unis (...) un impact très significatif sur le consommateur américain», a-t-il déclaré à Reuters. Les États-Unis, où les exportations ont augmenté de 5% en 2024, sont de loin le premier marché d'exportation des vins et spiritueux français.

La Febea, fédération des entreprises de cosmétique, rappelle dans un communiqué que le secteur a exporté 3 milliards d'euros de produits aux Etats-Unis en 2024 (soit 13% de ses exportations totales).«Il est essentiel de ne pas répondre par une logique de surenchère, mais de construire une réponse européenne unie, calme et proportionnée. Dès lors qu’il s’agit d’une mesure visant l’Union européenne dans son ensemble, seule une réponse à l’échelle communautaire pourra être légitime et efficace», réagit-elle.

Face à un «véritable sabotage des règles du commerce mondial, avec un risque de récession au niveau mondial», la CPME (syndicat des petites et moyennes entreprises), dans un communiqué, «appelle l’Union européenne à rester unie et à prendre les mesures qui s’imposent en termes de réciprocité d’accès au marché européen avec des réponses ciblées sur certains produits ou services américains. Et ce, pour permettre l’ouverture de négociations plus équilibrées».

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