En 1982 naissait en France le premier enfant issu d’une fécondation in vitro (FIV). En 40 ans, cette technique de procréation médicalement assistée a évolué, mais le taux de réussite reste bas : entre 13% et 46%, selon les couples. Si certains facteurs individuels, comme l’âge ou la santé des parents, jouent, les échecs peuvent aussi être attribués à la manipulation elle-même.
«Actuellement, ce processus reste très artisanal : le technicien manipule les gamètes grâce à des pipettes, ce qui demande beaucoup de dextérité», explique Sinan Haliyo, professeur à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR – CNRS/Sorbonne Université).
Une manipulation en milieu fermé
Pour standardiser cette pratique, cette équipe de chercheurs a conçu des microrobots permettant de manipuler ovules et spermatozoïdes. Contrôlés par le technicien via un joystick, ces automates d’à peine quelques dizaines de micromètres transmettent les résistances perçues, afin d’être le plus précis possible lors de la mise en contact des gamètes. «Grâce aux microrobots, la fécondation s’effectue en milieu fermé. Cela permet d’avoir un contrôle total sur l’environnement et augmente donc les chances de réussite, explique Sinan Haliyo. De plus, cette technique facilite l’identito-vigilance.»
Après une dizaine d’années de recherches académiques, le projet est suffisamment mature pour être transformé en start-up. Nommée Movalife, cette jeune pousse encore en construction aura besoin de lever des fonds pour financer une phase préclinique.



