Des chercheurs publient en open source les séquences ARN des vaccins de Pfizer et Moderna

Des chercheurs de Stanford ont publié en accès libre les séquences ARN des vaccins contre le Covid-19 de Moderna et BioNTech-Pfizer. Un travail qui relance le débat sur le brevetage de ces vaccins et des outils thérapeutiques.

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La séquence ARN du vaccin BioNTech-Pfizer avait déjà été publiée en open source en décembre 2020.

La rétro-ingénierie, ou ingénierie inversée, consiste à remonter les étapes de fabrication d’un objet fini. À l’aide de scanner, ou en démontant pièce par pièce l’objet, on cherche à comprendre son fonctionnement et, parfois, percer un secret de fabrication bien gardé. Cette stratégie de recherche est habituellement la chasse gardée du numérique ou d’objets mécaniques. Mais la rétro-ingénierie peut aussi être utilisée en biologie. Et c’est notamment ce qu’a fait une équipe de chercheurs de l’Université de Stanford aux États-Unis. Leur objet d’étude : les vaccins à ARN messager (ARNm) contre le Covid-19 des entreprises Moderna et BioNTech-Pfizer.

Du secret à l’open source

Avec l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA), ces scientifiques ont récupéré des flacons vides des vaccins. De ces flacons destinés à la poubelle, ils ont prélevé les résidus restants, dernières gouttes inutilisées et inutilisables. Ainsi, sans priver personne d'un précieux contenu, ils ont pu travailler sur ces échantillons. A l'aide des procédés de rétro-ingénierie, l’équipe de chercheurs est parvenue à isoler les fameuses séquences d’ARNm. Avant de les publier en open source sur le site Git Hub le 30 mars 2021. La séquence du vaccin BioNTech-Pfizer avait déjà été publiée en décembre 2020. Outre la confirmation de cette séquence, la vraie nouveauté réside donc dans celle du vaccin Moderna.

Moderna avait annoncé, en octobre 2020, que l’entreprise n’engagerait pas de poursuite si les séquences des vaccins - pourtant sa propriété intellectuelle - étaient diffusées. Ce qui n’a pas empêché la firme américaine de garder secrète la séquence ARNm qui compose son vaccin. Et c’est bien ce qui dérangeait les chercheurs de Stanford. L’idée derrière leur travail n’étant pas tant de percer ce secret industriel, mais d’aider la recherche. Avec plusieurs millions de personnes vaccinées, l’ARNm peut être retrouvé chez une grande partie de la population. Notamment chez des participants à d’autres études avec une portée génétique. Connaitre avec précision et isoler ces fragments permet de ne pas les confondre avec des résidus étrangers. Et ainsi d'éviter à d’autres chercheurs de se méprendre sur leur origine et leur potentiel rôle.

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Le brevetage des vaccins remis en cause

Volontairement ou non, cette diffusion a relancé le débat déjà engagé du brevetage des vaccins. Plusieurs personnalités sont déjà montées au front pour faire reconnaitre cette technologie comme un bien commun et non privé. La raison : empêcher un monopole commercial où les bénéfices primeraient sur les vies. Comme dans le cas de la lutte contre le SIDA, où le monopole des big pharmas sur les brevets des traitements anti-VIH avait eu tendance à faire gonfler les prix. Bien que la levée des brevets semble très improbable dans le cas actuel de la lutte contre le Covid-19, d’autres alternatives existent comme le détaillait L’Usine Nouvelle. Quant au vaccin fait maison, on en est encore loin. Accéder aux séquences sur Git Hub est une chose, produire un vaccin en est une autre. Et sans l’arsenal technologique de production et de conservation, on se rapproche de l’impossible.

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