Toujours plus haut ! Avec 40,8 milliards d’investissements annoncés, dont 20 milliards d’euros de «projets totalement nouveaux», l’Elysée peut se targuer d’une moisson record d’investissements étrangers lors de la huitième édition de son sommet Choose France. En 2024, les 200 patrons étrangers réunis à Versailles avaient mis sur la table 15 milliards d’euros, un niveau déjà bien supérieur aux précédentes éditions.
Exceptionnel ? L'intelligence artificielle concentre le gros des annonces. Près de la moitié des 40 milliards d'euros concerne la concrétisation d’annonces déjà réalisées en début de l’année à l’occasion du sommet de l’IA. Le bilan est beaucoup moins ronflant pour l'industrie. Dans un contexte économique moins porteur, l'édition 2025 confirme la perte de dynamisme des projets étrangers dans le secteur industriel, avec près de 4 milliards d’euros d’investissement annoncés à Versailles dans une trentaine de projets manufacturiers. Loin des plus de 6 milliards atteints en 2024 hors annonces dans l’intelligence artificielle.
Six nouvelles usines dans le secteur manufacturier
La vague des annonces de gigafactories à plusieurs milliards d'euros d'investissement, à l’image de l’usine d’engrais de FertigHy (1,3 milliard d’euros d’investissements promis) en 2024 ou de l’implantation du taïwanais Prologium (5,2 milliards d’euros) en 2023, est retombée. Dans le cru 2025, seuls six projets visent la construction de nouvelles usines sur le territoire. A Saint-Avold (Moselle), la start-up américaine CIRC porte le projet le plus ambitieux. Elle prévoit d’investir 450 millions d’euros dans une usine de recyclage chimique pour le textile. L’usine devrait être opérationnelle en 2028 et capable de traiter 70 000 tonnes de textile par an. Le groupe y vise au moins 200 salariés. «Nous avons évalué plus de 80 sites et visité une quinzaine d’entre eux», prévient Conor Hartman, le directeur général monde de CIRC, «nous avons choisi la France car c’est le leader de la mode dans le monde». Un autre recycleur de textile, l'espagnol Coleo a par ailleurs annoncé 10 millions d’euros dans une seconde usine de recyclage dans le Grand-Est.
Les autres annonces ? Le groupe portugais Tekever, qui a déjà un petit bureau à Toulouse, prévoit d’engager 100 millions sur cinq ans en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, notamment pour assembler des drones pour la défense. Le projet n’est pas encore complètement ficelé. «Nous sommes en train d’étudier différentes possibilités dans ces deux régions», détaille la directrice France Nadia Maaref, qui espère créer une centaine d’emplois. Un projet qui s’ajoute aux 110 millions d’euros promus par le britannique Less Common metals dans une nouvelle usine de raffinage de terres rares à Lacq et aux 25 millions de H3 dynamics dans une ligne d’assemblage de pile à combustible pour l’aéronautique. Le groupe chinois Windrose technology prévoit d’implanter à Onnaing (Nord) une usine de camions électriques, avec à terme près de 1000 emplois envisagés.
Des projets déjà annoncés
Les projets d’extensions et de modernisations de sites existants constituent toujours la majorité des projets. L’allemand Vorwerk construit un entrepôt logistique près de ses deux usines existantes, Ecocem va agrandir ses deux cimenteries de Dunkerque et Fos-sur-Mer. Surtout, certains projets sont déjà dans les tuyaux depuis des mois. Daimler Truck avait déjà confirmé en 2023 son projet d’adapter les lignes de son site historique de Ligny-en-Barrois, dans la Meuse, pour y produire des bus électriques, un investissement de 50 millions d’euros. Et le projet d’Hy2gen et H2V de produire des carburants de synthèse à Fos-sur-Mer est connu depuis l’été 2024. Pour les français Radiall et Thales, l’horizon est en revanche très lointain. Leur projet avec le taïwanais Foxconn d’assemblage de semi-conducteurs, à 250 millions d’euros, n’en est encore qu’aux « discussions préliminaires ». Pour voir sa concrétisation, il faudra attendre.



