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[Déconfinement] Six solutions pour désinfecter votre entreprise ou votre site industriel

L'Usine Nouvelle a référencé plusieurs dispositifs et innovations pour désinfecter votre entreprise ou votre site industriel dans la perspective d'une reprise d'activité. Petit tour d'horizon de ces technologies de décontamination. 

 

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Un robot de Fybots équipé d'un dispositif Octopuce désinfecte un entrepôt
Fybots souhaite agrémenter sa gamme de robots de nettoyage de solutions de désinfection, en s'équipant de dispositifs de diffusion de biocide d'Octopus.

Alors que le déconfinement est synonyme pour de nombreuses entreprises d'un retour des salariés sur leur lieu de travail, le gouvernement a publié un mode d'emploi à destination des employeurs pour assurer la sécurité de leur personnel. Le ministère du Travail a mis en place une équipe d'experts qui, depuis le 26 mars, produit des "fiches conseils métiers et guides pour les salariés et les employeurs" détaillant le protocole à suivre en fonction des activités.

Par ailleurs, le gouvernement a annoncé plusieurs recommandations d'ordre général (espace obligatoire pour chaque salariés, fréquence de nettoyage des locaux, aération, etc.). 

Pour décontaminer votre entreprise ou votre site industriel, l'Usine Nouvelle a recensé plusieurs technologies pour vous aider.

1. La désinfection automatique avec Airinspace

Chariot de décontamination ArinSpace AirinSpace
Chariot de décontamination ArinSpace Chariot de décontamination ArinSpace

L'entreprise française Airinspace, spécialisée dans le risque infectieux en milieu hospitalier, produit des solutions de désinfection automatique par aérosolisation. Destiné à l'origine aux hôpitaux et aux laboratoires épidémiologiques ayant une haute exigence en matière de sécurité, le dispositif développé par l'entreprise d'Elancourt (Yvelines) est validé par la norme RF sur la destruction du virus Covid-19.

"Les technologies de désinfection automatique (…) permettent de désinfecter une pièce à 100% sans que personne n'intervienne, grâce à un produit qui, transformé en brouillard de micro-gouttelettes, va venir se déposer sur toutes les surfaces et détruire le virus. En deux heures, une salle de 30m2 est saine pour 12 euros. Nous avons déjà des commandes pour les salle de R&D, les salles de réunion...", indique Stéphane Chatenet, directeur général de l'entreprise.

2. La solution de désinfection écologique d'Ecolog

Ecolog International, fournisseur de services intégrés et de solutions environnementales, annonce avoir mis au point une "solution verte, non-chimique et sûre", baptisée EDS-4.0, qui serait "efficace pour lutter contre le Covid-19". Le groupe allemand s'est associé au producteur de solutions désinfectantes avec principe actif Treox Industry pour développer son produit.

Résultat de "plusieurs années de recherches et de tests", le désinfectant contient un principe actif Treox D, capable d'éliminer "rapidement les virus, les bactéries, les germes et autres micro-organismes" et aurait reçu la validation de "diverses institutions", rapporte Ecolog dans un communiqué. Entièrement fabriquée en Allemagne, la solution "ne contient que des composants activés et ionisés de l'eau et du sel et il est non toxique, non irritant (et) respectueux de l'environnement", selon Ecolog.

L'entreprise entend proposer sa solution aux secteurs de la défense, de l'aviation, du transport, de l'énergie, de la transformation alimentaire et de la fabrication. 

3. Le tunnel de Dagard pour désinfecter le matériel

Tunnel de désinfection Dagard Dagard
Tunnel de désinfection Dagard Tunnel de désinfection Dagard

Le tunnel de décontamination mis au point par Dagard et CleanTech99, permet de traiter par une solution biocide à base de peroxyde d’hydrogène les matériels infectés. "Nous ne l’avons pas testée sur le Covid-19, puisque nous ne disposons pas du virus, mais elle a été testée selon la norme NF EN 14476 sur ceux des familles apparentées, encore plus résistants. Nous sommes en mesure de traiter les équipements en contact avec le Covid-19", assure Sébastien Allix-Le Guen, le directeur scientifique de Lab’Science, réseau de 15 entreprises et 250 experts en construction de salles blanches.

Leader européen du marché de la paroi modulaire pour chambres froides, constructions isothermes et enveloppes de salles propres, Dagard, situé à Boussac (Creuse), s’est appuyé sur Lab’Science pour concevoir son tunnel de désinfection DT99. Le tunnel DT99 peut décontaminer de manière rapide et automatique le matériel qui s'y trouve. Dagard a fourni l’infrastructure du tunnel, CleanTech99 a apporté HyperDryMist, une technologie de désinfection par voie aérienne en circuit fermé. "L’innovation repose sur une technologie extrêmement simple, avec un micro-nébuliseur qui génère des aérosols d’une solution biocide à base de peroxyde d’hydrogène", souligne Sébastien Allix-Le Guen. Le tunnel peut être ajusté à la demande du client. Filiale du groupe Purever, Dagard emploie 390 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 84 millions d’euros en 2019.

4. La détection du virus par C4Diagnostics

Pour accompagner les entreprises et les institutions publiques dans leur stratégie de décontamination, l'entreprise marseillaise C4Diagnostics, spécialisée dans le dépistage des maladies infectieuses, lance une filiale dédiée à la détection du virus Covid-19. Baptisée C4Services, elle pourra réaliser à la demande de clients publics et privés des tests sur des échantillons dans son laboratoire de Marseille pour s'assurer de la non-présence du virus.

"Le prélèvement peut se faire directement par l'entreprise ou par notre réseau de partenaires agréés, explique Younes Lazrak, président de C4Dignostics, nous formons les entreprises en ce sens". "Ce n'est techniquement pas compliqué, poursuit-il, le prélèvement se fait à l'aide d'un écouvillon, que l'on passe sur les surfaces sensibles comme les poignées de porte ou les interrupteurs. Il doit se faire avec des gants et un masque. Nous fournissons un kit comprenant l'ensemble des outils pour effectuer le prélèvement et le transporter. Le kit global avec les résultats d'analyse coûte 115 euros."

Les échantillons sont rapatriés en laboratoire dans un triple emballage qui les protège et les maintient à 4 degrés Celsius. Les équipes extraient ensuite l'ARN et le multiplient pour être en mesure de lire le matériel génétique. "Le processus dure 7 à 8 heures, indique Younes Lazrak, nous pouvons réaliser 350 tests par jour pour le moment." La start-up espère augmenter sa capacité de tests à 560 prochainement. "Les tests que nous proposons permettent de s'assurer de la fiabilité des procédures de nettoyage."

"Au départ, nous étions spécialisés dans la détection de bactéries à l'origine de maladies infectieuses sur des échantillons provenant de patients, explique Younes Lazrak, en quelques semaines nous avons dû changer de métier, pour adapter nos techniques à la détection du virus dans l'environnement." A la demande du bataillon des marins pompiers de Marseille, la start-up a commencé à réaliser des prélèvements dans les casernes, les écoles et les hôpitaux. "Nous avons également travaillé sur le porte-avions Charles de Gaulle", indique le président de C4Diagnostics.  

5. Le robot pulvérisateur d'Octopus Robots

Un robot de Fybots équipé d'un dispositif Octopuce désinfecte un entrepôtFybots
Un robot de Fybots équipé d'un dispositif Octopuce désinfecte un entrepôt Un robot de Fybots équipé d'un dispositif Octopuce désinfecte un entrepôt

(Crédit : Fybots) 

L'entreprise choletaise Octopus Robots (Maine-et-Loire), connue pour ses outils d’assainissement des élevages de poulets, propose des solutions de désinfection par voie aérienne intégrées à des automates. La PME, qui s'était lancée dans la commercialisation de ce type de robots dès 2014, s'est depuis réorientée dans l'aviculture faute d'un marché suffisant. Avec la crise, la jeune pousse à la dizaine d'employés est prestement retournée vers son premier marché cible, en s'associant au spécialiste des solutions robotisées de nettoyage industriel Fybots.

La technologie d'Octopus s'appuie sur son expérience dans la thermonébulisation, un dispositif indépendant du robot qui permet de générer un brouillard sec de produit biocide, semblable à de la fumée, composé d'un mélange de peroxyde d'hydrogène et le dioxyde de chlore. La société affirme pouvoir le diriger pour cibler certains équipements. A la vitesse moyenne de 20 centimètres par seconde, l’automate de Fybots devrait pouvoir désinfecter quelque 2 500 mètres cubes par heure.

"Grâce à la finesse de ses particules, ce type de brouillard reste en suspension, passe partout et ne mouille pas, explique Bertrand Vergne, directeur général d'Octupus Robots, ce qui permet de décontaminer tous les recoins d’une pièce en la saturant de brouillard sans abimer le matériel électronique ou les tissus". Autre avantage : si le brouillard toxique ne peut être diffusé en présence humaine, il disparaît rapidement et devrait permettre de rouvrir les bâtiments après quelques heures.

6.  La désinfection robotisée par Hellomoov

Un consortium réunissant Hellomoov (convoyeurs et systèmes modulaires en profilés aluminium), Akeoplus (solutions robotiques et outils digitaux) et Pharmaplan (ingénierie pharmaceutique, qui qualifie actuellement un désinfectant contre le Covid-19), a mis au point RED, un robot mobile autonome de désinfection intègrant un pulvérisateur contenant jusqu’à 80 litres de fluide.

Entièrement autonome, RED commence par cartographier son environnement grâce au système Lidar (télédétection par laser). Ses déplacements sont assurés par le système de navigation Slam  (Simultaneous localization and mapping) couplé à son programme d’IA, qui contrôle le débit, la pression des buses ainsi que la traçabilité de désinfection. Grâce à elle, le robot assure une juste répartition du produit en fonction des volumes et des surfaces à traiter, décontaminant jusqu’à 100 m2 par minute. L’appareil parcourt 1,6 mètre par seconde sur des surfaces lisses.

Interopérable, le robot se connecte en Wi-Fi à l’ensemble de la gamme d’équipements du fabricant : postes de travail, stockeurs d’approvisionnement bord de ligne, convoyeurs et portiques de manutention. Une autonomie de huit heures est prévue par le fabricant, qui indique la possibilité de recharge par "biberonnage". L’appareil rejoint alors sa base pour se recharger. Hellomoov, qui compte 250 collaborateurs, a réalisé un chiffre d’affaires de 46 millions d’euros en 2019.

Hubert Mary, avec Laurent Rousselle

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