Les déchets de chantier s’invitent dans la campagne pour les élections municipales. A l’approche du scrutin des 15 et 22 mars, la Fédération française du bâtiment (FFB) appelle à renforcer le maillage territorial des déchetteries, notamment en zone rurale. Objectif : disposer d’un système de collecte, de regroupement, de tri, de valorisation - ou, à défaut, d’enfouissement - des déchets du bâtiment et des travaux publics dans un rayon de 20 kilomètres autour des chantiers. La FFB appelle aussi au développement des collaborations public-privé dans les communes pour regrouper des lieux dédiés à la gestion des déchets et souhaite que les déchetteries publiques définissent plus clairement les conditions d’accueil des professionnels.
Sur la voie publique, l’organisation professionnelle plaide pour un assouplissement des formalités afin d’installer des bennes si la place s’avère insuffisante au sein du périmètre des chantiers. Elle souhaite également que le coût de la gestion des déchets soit mentionné dans les marchés publics. La FFB affiche en revanche un satisfecit quant au renforcement des pouvoirs de police des maires face aux décharges sauvages dans le cadre de la loi Economie circulaire. Ces pratiques sont "le symptôme d’une concurrence déloyale dont souffrent les artisans et les entrepreneurs du secteur et qui pèse de façon excessive sur l’image de la profession", estime la FFB. Autre proposition : privilégier les matériaux recyclés, recyclables ou valorisables dans les marchés publics.
Des chantiers plus matinaux en cas de fortes chaleurs
De manière plus classique, la FFB plaide pour un allègement et une simplification de la fiscalité locale, avec une harmonisation souhaitée de la cotisation foncière des entreprises sur l’ensemble du territoire. Les coûts du stationnement pourraient être adaptés aux déplacements professionnels, suggère-t-elle. Les droits de voirie, liés aux occupations temporaires du domaine public (pose d’échafaudages ou de bases-vie, implantation de grues…), pourraient être stabilisés durant la durée du mandat municipal et fixés contractuellement lorsqu’un chantier court sur deux mandats. En cas d’épisode caniculaire, l’organisation professionnelle propose d’autoriser un démarrage précoce des horaires de chantiers.
Au cours des prochains mandats, la fédération compte par ailleurs lutter contre l’objectif de "zéro artificialisation nette" porté par le gouvernement dans le plan Biodiversité de 2018. "La préoccupation légitime de l’artificialisation des sols ne saurait aboutir à un gel radical de toute nouvelle construction", indique-t-elle, mettant dans la balance les 1 104 000 emplois du secteur.



