Dans les Ardennes, la reprise de deux usines Walor par Forgex-France validée, 102 emplois supprimés

Le tribunal de commerce de Sedan (Ardennes) a émis un avis favorable, jeudi 21 novembre, à la reprise des deux usines de Walor à Bogny-sur-Meuse et Vouziers par le groupe Forgex-France, qui va ainsi succéder au fonds d’investissement allemand Mutares. Le tribunal a confirmé la reprise le lundi 25 novembre.

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Le site de Walor Bogny-sur-Meuse
Les usines de Walor à Bogny-sur-Meuse (photo) et Vouziers vont être reprises par le groupe Forgex-France.

Placées toutes les deux en redressement judiciaire, les forges Walor de Bogny-sur-Meuse et Vouziers – qui, en dépit de nombreux départs, faisaient encore travailler respectivement 121 et 78 salariés dans les Ardennes – sont officiellement reprises par le groupe Forgex-France, suite à un avis favorable du tribunal de commerce de Sedan, rendu le 21 novembre. 

L’acquéreur détient déjà deux forges en France, pour un total de 214 emplois. L'une implantée à Monthermé, à proximité d'un site de Walor, où 124 salariés réalisent le forgeage à chaud de pièces métalliques pour les poids lourd, le ferroviaire, la maintenance et le matériel agricole ; l’autre basée à Nogent, en Haute-Marne, employant 90 salariés dans la forge, l’estampage, matriçage et la métallurgie des poudres.

Cet ensemble industriel, dirigé par Sébastien Lhote, réalise un chiffre d’affaires de 47 millions d’euros. Il était le seul candidat à déposer une offre de reprise, le 27 octobre, pour les deux sites qui ne sont jamais parvenus à redresser la barre sous la gouvernance de Walor, puis du fonds d'investissement allemand Mutares.

102 emplois supprimés sur les deux sites

Ce projet se traduira par la suppression de 102 emplois. L’acheteur conservant 53 emplois, dont peu de forgerons, dans la vallée de la Meuse et 48 personnes dans le sud des Ardennes. «Une casse sociale» estiment certains. «Un moindre mal» pour d’autres observateurs : les deux sites, mal en point financièrement, semblaient aller vers une mort annoncée. Dans le contexte actuel, la préservation d'une centaine d'emplois dans le département reste donc un pis-aller.

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Concernant le plan social mis en place par Walor International, les futurs licenciés devront se contenter, en plus des 1500 euros à recevoir du régime de garantie des salaires (AGS), d’une prime supra légale de 7000 euros et d’un accompagnement de 2000 euros pour accéder à une formation et être soutenus dans une création d’entreprise. «Une offre bien sûr insuffisante, mais qui a le mérite d’exister», concèdent Fabien Pinçon, délégué CGT à Bogny-sur-Meuse, et Xavier Médeau, avocat des salariés.

Trois millions d’euros d’investissements sur les deux sites

A l’avenir, Walor Bogny continuera de forger des bielles automobiles avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 15,8 millions d’euros, plus une enveloppe financière de 2,5 millions d’euros pour se diversifier dans des pièces de liaison. L'unité de Vouziers, en plus de l’usinage de ces mêmes bielles, de la fabrication de boîtiers différentiels pour BMW et de collecteurs pour Stellantis, ajoutera à ces activités la finition de petites séries de pièces que Forgex-France faisait jusqu’alors sous-traiter.

«Notre souhait, qui est purement industriel, est de faire profiter à ces deux outils de production d’une synergie avec notre groupe industriel en les aidant à remonter vers le haut, assure Sébastien Lhote. Nous sommes conscients de la prise de risque, mais nous voulons redonner de l’activité à ces deux sites pour les rendre rentables, tout en profitant d’une compétence qui nous manque au niveau de la robotisation et de la maîtrise des hautes cadences.»

A travers cette opération, soutenue par un investissement de trois millions d'euros, Forgex-France entend «préserver son activité métallurgique, ses compétences, les emplois et le savoir-faire en France, mais aussi de ses deux forges situées en Suède et Pologne». «Si ce programme nous parait fiable et sensé, l’annonce de 350000 euros en rétrofit nous parait beaucoup trop juste pour réduire la vétusté des machines et relancer une production réduite de 50% ces derniers mois», souligne le délégué syndical CFDT, Bruno Bodson.

Forgex-France a racheté l’usine Raguet à Monthermé en 2010, contribuant à sa transformation, maintenant 50 employés et réalisant de gros investissements. Après avoir connu des années difficiles, ce site a développé son business sous le nom de Forgex. Un signe encourageant pour les deux sites. 

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