Les deux usines ardennaises de Walor en quête d'un repreneur

Les deux forges ardennaises de Walor implantées à Bogny-sur-Meuse et Vouziers sont en difficultés. La première a été placée en redressement judiciaire, la deuxième en procédure de sauvegarde.

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Le site de Walor Bogny-sur-Meuse
Site Walor de Bogny-sur-Meuse, le premier employeur de cette commune des Ardennes.

Après avoir entendu les différentes parties le 23 septembre, le tribunal de commerce de Sedan (Ardennes) a placé l’unité de forge et estampage de la Vallée de la Meuse (135 salariés à Bogny-sur-Meuse) en redressement judiciaire et l'usine de Vouziers (90 employés) en cessation de paiement.

Racheté par Walor en novembre 2018 après la liquidation de la société financière des Ateliers des Janves alors qu’elles employaient 320 collaborateurs, puis adossées à l’équipementier allemand Mutares à partir de novembre 2023, les deux PME ont vu leur situation se dégrader au fil des mois. La faute à un contexte général compliqué dans l’automobile, à la vétusté des parcs machine et à un manque criant d’investissements qui a abouti à une perte de fiabilité auprès de la clientèle historique. Les business plans successifs mis en place par les repreneurs français et allemand ont échoué en dépit des aides de l’Etat dont ils ont bénéficié pour aller vers l’électrique.

«On estime avoir été mis de côté»

Fournisseur de bielles de poids lourds pour Volvo et de boîtiers différentiels pour les véhicules légers, le plus gros employeur de Vouziers fondé en 1965 et qui réalisait encore 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020 apparait, aujourd’hui, le plus menacé. Dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible (près de 600000 euros) avec son actif disponible (113000 euros), elle se trouve en période d’observation jusqu’au 21 novembre 2024. «Ici, la trésorerie est à sec et on chôme une journée par semaine. Cette situation reste une incompréhension pour les salariés qui estiment avoir été mis de côté», résume Bruno Bodson, délégué syndical CFDT chez AMI.

Ancien leader français dans la fabrication de bielles de moteurs thermiques pour l’automobile, sa consoeur et ex-maison mère de Bogny-sur-Meuse qui doit fêter ses 100 ans d’existence en 2025 se retrouve pour sa part en procédure de sauvegarde. «L’usine de Bogny-sur-Meuse a subi depuis pas mal d’années un désintérêt de l’ensemble de ses différentes directions pour remettre en état l’outil industriel et mettre en place les capacités nécessaires afin d’honorer les commandes de clients», analyse un ancien salarié.

Les salariés des deux sites qui ont un moment compté plus de 400 personnes attendent un signe fort des dirigeants du groupe germanique pour dénicher un repreneur pour l’une et l’autre entreprise et éviter un fiasco complet. Parmi les porteurs de projets figure l’entreprise Forgex, basée à Monthermé (Ardennes). Implantée aussi à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne) en Pologne et Suède, cette entreprise employant plus de 200 personnes et appuyée par le groupe américain X Forge s’est officiellement positionnée en faisant une offre de reprise pour les deux sociétés.

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