La filière française des équipementiers automobiles n'est pas encore sortie d'affaire et pourrait fondre de moitié dans les prochaines années, craint l'un de ses représentants. "Vu l'activité (...), perdre la moitié d'emplois de plus, malheureusement, ne me paraîtrait pas exagéré sur les cinq ans à venir, ça peut se jouer très très vite", a dit Jean-Louis Pech, président de la Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev), au cours d'une conférence de presse le 18 septembre.
La filière française des équipementiers automobiles emploie actuellement 57000 personnes, deux fois moins qu'en 2007. La Fiev représente 300 entreprises qui pèsent la moitié de cet effectif.
Ces dernières semaines, les annonces de mises en redressement ou de liquidations se sont multipliées : Novares à Ostwald, les sites Bosch de Mondeville et Marignier, Magnetto Automotive France à Aulnay-sous-Bois...
Demande d'assouplissement sur le calendrier de transition
Jean-Louis Pech a également préconisé à son tour un assouplissement du calendrier européen de durcissement des normes d'émissions de CO2 qui prévoit de nouveaux tours de vis sur la décennie courant jusqu'à l'interdiction en 2035 de la vente des véhicules neufs à motorisations thermiques, avec un premier durcissement dès 2025.
Il n'est en revanche pas favorable à un report de l'échéance de 2035. "Si on commence à y toucher, déjà qu'on a du mal à avoir des visions stratégiques, si on commence à sortir le seul objectif qui fixe un peu le cap, alors on n'a plus de boussole du tout, et on a mis des milliards sur la table", a-t-il déclaré.
Avec Reuters (Gilles Guillaume, édité par Blandine Hénault)


