Analyse

Dans l’industrie française, des projets d’embauche en berne malgré le bon climat des affaires

L’économie va créer des emplois en 2021 selon l’enquête annuelle de Pôle emploi. Au global oui mais pas dans l’industrie qui est en retrait alors que les industriels ont retrouvé de l’optimisme sur leur business. Comment comprendre ce paradoxe ? Quels sont les sous-secteurs riches en projets d’emploi et ceux qui les réduisent.  

 

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Métier de la métallurgie
Le secteur de la métallurgie voyait ses projets d'embauche en forte baisse

L'économie française repart ! Pour preuve, les projets d’embauches sont plutôt au beau fixe. La dernière édition de l'enquête de Pôle emploi sur les besoins de main d’œuvre, assise sur 2,4 millions d’entreprises, indique 2,7 millions de projets de recrutement pour 2021, soit 30 000 de plus qu’en 2019. La comparaison avec 2020, particulièrement atypique avec le début de la pandémie, ne serait pas pertinente.

- 28 % dans la métallurgie

Mais cette vigueur ne se retrouve pas dans l’industrie au global qui, à l’inverse, est pour 2021 en retrait par rapport à ses projets d’embauche de 2019.

La baisse pour elle est de 7 %, avec  - 17 000 projets. La chute la plus conséquente est dans la métallurgie et les produits métalliques (-28%) alors que le matériel de transport limite la casse avec un - 7 %. Ce sont probablement les sous-traitants qui souffrent le plus et sont dans l’attentisme par rapport aux donneurs d’ordre. Le caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques sont aussi à -7 % d’intentions de recrutement. L’industrie pharmaceutique, chimique et raffinage qui sont inclus dans un même sous-secteur sont aussi en retrait de -4 %.

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Un secteur caracole en tête toutefois avec plus 18 %, c’est celui des industries extractives, énergie et gestion des déchets, l’agroalimentaire progresse aussi avec près de 4 % de hausse.  Un petit secteur comme le textile est aussi à la hausse avec + 4 % mais il pèse près de 10 fois moins en volume que l’agroalimentaire. Le tout laisse tout de même l’industrie dans le négatif.

Un optimisme récent

C’est un paradoxe alors que le climat des affaires est plutôt bon dans l’industrie en ce premier semestre. En avril 2021, il était repassé au-dessus de sa moyenne de longue période à 104 points. Les soldes d'opinion sur les carnets de commande, sur les perspectives personnelles de production et sur la production passée progressent dans le secteur. Dans les services, à l’inverse, le climat des affaires est nettement en dessous de sa moyenne de longue période. Les intentions d’investissements des industriels, en janvier 2021 étaient aussi à la hausse de 10 %.

Décalage de perception

L’enquête sur les besoins de main d’oeuvre a été réalisée entre octobre et décembre 2021 à la sortie du deuxième confinement), donc le paradoxe entre le bon moral actuel et les faibles intentions d’embauche est peut-être lié à la période où les industriels ont été interrogés. Si l'économie fait des stop & go, les projets d'embauches connaissent peut-être aussi des haut et des bas.  A moins que l'industrie s'oriente sur une reprise faiblement créatrice d’emplois avec une gestion de la masse salariale encore très prudente. Il faudra attendre les prochaines enquêtes pour en avoir le cœur net.  

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