Après la crise sanitaire, la crise économique. La Coface a livré ce lundi 6 avril, ses prévisions de (dé)croissance et d’impact du choc sur les défaillances d’entreprises en 2020. L’assureur-crédit estime dans un scénario central (c’est-à-dire avec un confinement qui prendrait fin au deuxième trimestre en Europe et aux US et une reprise prudente des entreprises et des consommateurs, sans deuxième vague épidémique) que le taux de défaillance augmenterait de +25 % au niveau mondial, contre une hausse de 2 % dans ses prévisions de janvier dernier.
Pour la France la hausse serait de +15 %. "Cela conduirait à un nombre de défaillances entre 57 000 et 58 000 sur l’année, estime Julien Marcilly, chef économiste de la Coface, qui rappelle, qu’en 2009, ce nombre avait été de 63 000." C’est donc une hausse un peu inférieure à celle de la grande récession.
Des tissus économiques nationaux plus affectés
En revanche, dans certains pays qui ont des stabilisateurs économiques faibles et une réactivité des entreprises plus forte à la conjoncture, ce taux pourrait être beaucoup plus élevé. La Coface voit ainsi une hausse du taux de défaillance en hausse de 39 % aux Etats-Unis et de 33 % au Royaume-Uni. "Aux Etats-Unis, il y a beaucoup de petites activités de services à faible marges, fragiles" complète Julien Marcilly.

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Coface Des pertes sèches ou des reprises lentes
Dans certains secteurs des services ou de l’industrie, le choc de demande initiale va conduire à des pertes qui ne seront pas rattrapées au second semestre, ce qui va mettre en péril des entreprises. Il est peu probable que les gens se mettent à dîner deux fois plus au restaurant pour se consoler du confinement. "Ces pertes sèches sont aussi valables dans le secteur de l’énergie, qui intervient comme combustible dans le transport par exemple," précise Julien Marcilly.
Les secteurs qui devraient rebondir plus rapidement sont selon la Coface ceux des biens semi-durables (habillement, électronique, luxe..). Le retour à la normale serait plus long pour des biens plus durables comme l’automobile ou l’immobilier.
Approvisionnements difficiles
L’industrie, elle, devrait être affectée par la baisse du commerce mondial, prévue sur l’année par Coface à - 4,3 %. Pour mémoire, les flux mondiaux étaient passé en négatif à - 0,4 % pour la première fois depuis 10 ans l’an dernier en 2019. Les raisons de cette chute, sont au-delà de la tendance protectionniste qui était déjà engagée, la restriction du déplacement des personnes et les lenteurs qu’elle provoque sur la circulation des biens, des restrictions ou des quotas d’importations sur certains produits. Ces restrictions pourraient toucher des produits agricoles. Le Vietnam, troisième exportateur mondial de riz , vient ainsi de stopper l’export et souhaite mettre en œuvre des quotas. Dans l’industrie, les circuits d’approvisionnements risquent d’être perturbés, même lorsque la demande se sera redressée.



