Lors du prochain sommet Choose France, organisé à Versailles vers la mi-mai, Emmanuel Macron aura fort à faire pour inverser la tendance auprès des investisseurs étrangers. En 2024, la France a accueilli 1688 projets d’investissements étrangers, selon le bilan annuel de l’agence chargée de l’internationalisation des entreprises Business France. Il marque une baisse de 7% par rapport aux 1815 projets répertoriés en 2023, et un coup d’arrêt après trois années consécutives de hausse des projets, depuis la période Covid. En parallèle, le nombre d’emplois, créés ou maintenus par ces investissements, ont reculé de 36% pour retomber à 37787 postes, notamment à cause de la baisse des effectifs en intérim.
Recul du nombre de projets industriels et de R&D
L’évolution est encore plus marquée dans le secteur industriel. En 2024, la France a enregistré 464 projets d’usines, soit une baisse de 21% par rapport au niveau record atteint en 2023. Les projets de centres de R&D et d’ingénierie ont quant à eux décru de 191 en 2022 à 170 en 2023 puis 146 en 2024, mais avec plus d'emplois en jeu, même si les investissements liés à l’intelligence artificielle au sens large ont progressé de 28 à 43 projets. Les annonces de 109 milliards d’euros d’investissement lors du sommet de l’IA à Paris en février, notamment par des investisseurs émirati et américains, devrait poursuivre la tendance.
En soit, cette douche froide n’a rien de très étonnant. A côté du climat d’incertitude politique depuis la dissolution, propre à la France, s’ajoute un contexte plus général moins porteur pour les investisseurs internationaux. De manière générale, la réindustrialisation a ralenti ces derniers mois, qu'elle soit portée par des investisseurs français ou étrangers. Ces derniers mois, certains projets d’investissements étrangers déjà lancés ont été abandonnés, à l’image de l’usine du groupe canadien Loop en Moselle, ou reportés comme l’implantation de l’usine à près d’un milliard d’euros du groupe américain Eastman en Normandie.
Davantage de reprises d'entreprises
Globalement, les taux d’intérêt ont renchéri les prix des projets. Selon la Cnuced, les investissements directs étrangers ont chuté de 8% au niveau mondial en 2024. Pour le ministre du commerce extérieur Laurent Saint-Martin, et ancien directeur de Business France, la baisse des projets en France est même «plus faible que chez nos voisins européens notamment. Cela nous maintient toujours largement au-dessus des niveaux pré-Covid», rappelle-t-il dans une interview aux Echos.

- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.3-40
Trim 3 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 145.1+0.21
Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
Autre signal encourageant : près de 48% des projets identifiés au global par l’agence de soutien à l’attractivité concernent l’ouverture de nouveaux sites, devant les projets d’extension de sites déjà existants (41%). Reflet de la dégradation de la situation économique, le nombre de projets de reprises d’entreprises par des investisseurs étrangers a augmenté de 26 en 2023 à 97 entreprises en 2024, permettant le maintien de 3604 emplois. Et plus d’un quart des entreprises étrangères investissaient pour la première fois sur le territoire.
Des investissements américains en recul
Mais la croissance des tensions commerciales pourrait encore compliquer le tableau pour les prochains mois. Malgré les doutes des investisseurs américains sur l’attractivité de la France, que confirme le dernier baromètre de la chambre de commerce américaine en France AmCham, les entreprises américaines restent les premiers investisseurs étrangers dans le pays. Ils ont confirmé 252 investissements en 2024 (15 % des projets), un chiffre en recul de 17% par rapport à l’année précédente. Ils arrivent toujours devant les entreprises allemandes, avec 232 projets et les Britanniques (152 projets). Le nombre d’investissements chinois en revanche progresse en 2024. Mais il reste loin derrière, avec 56 projets contre 44 l’année précédente.



