«C’est une grande pression !», s’exclame Ronan Le Tutour. Âgé de 21 ans, le carrossier breton, qui a reçu la médaille d’argent en peinture automobile à la finale de Worldskills France, a été sélectionné pour représenter le pays lors de la compétition mondiale. Celle-ci aura lieu à Lyon (Rhône) du 10 au 15 septembre 2024 et réunira 1500 compétiteurs issus de 65 pays, pour concourir dans 64 métiers, dont plus de 20 métiers industriels.
Un échange mutuel
Cinq semaines de stage technique, des semaines de formation chez des partenaires, un canal WhatsApp avec une équipe métiers composée d’une dizaine de personnes… Les grands moyens sont déployés pour préparer les candidats à l’épreuve. «En tant qu’experts métiers, on accompagne les candidats, on organise les stages techniques et on est membres du jury pendant les épreuves», explique Nicolas Gélot, représentant de la France en peinture automobile aux Worldskills de 2007, qui a reçu une médaille d’excellence. Les experts métiers sont également consultés pour l’élaboration des épreuves, qui aborderont divers aspects de la peinture automobile comme le masquage ou la colorimétrie, où les candidats devront respecter un temps imparti. «Le développement durable est aussi pris en compte dans la notation. Les candidats doivent produire le moins de déchets possible», indique Nicolas Gélot.
3M, l’une des entreprises partenaires de Worldskills depuis 2006 dans 20 pays, dont la France, fournit aux candidats «son portefeuille de produits», et les accueille pendant une semaine dans son centre spécialisé dans la réparation automobile, à Cergy (Val-d’Oise). «Nous sommes fiers d’accompagner ces jeunes», déclare Jérôme Suchier, ingénieur d’applications en réparation automobile et membre de l’équipe métiers. Pour l’entreprise qui a créé le Scotch, le partenariat représente «une contribution au futur des métiers et à leur valorisation auprès des jeunes». Un moyen pour 3M, qui «a beaucoup de mal à recruter» de booster son attractivité aux yeux des plus jeunes générations.
Une préparation olympique
Pierrick Bourgin, récipiendaire de la médaille de bronze aux épreuves françaises, et Yann Fosse, récipiendaire de la médaille d’or, participent également aux formations . «Après les épreuves de Worldskills France en septembre 2023, une autre salve d’évaluations a eu lieu en novembre, où Ronan Le Tutour a été sélectionné, raconte Nicolas Gélot. Yann Fosse et Pierrick Bourgin restent quand même dans la partie pour se challenger mutuellement.» Les deux candidats peuvent aussi être amenés à remplacer Ronan Le Tutour.

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Pour être au niveau, les trois candidats doivent s'exercer dans leur temps libre. «Mon entreprise m’a libéré pendant les cinq semaines de stage technique, mais pour le reste, je fais des heures supplémentaires pour rattraper les heures d’entraînement», explique Pierrick Bourgin, 22 ans, qui travaille chez un concessionnaire Ford à Saint-Etienne (Loire). «Je travaille quatre jours, et je m’entraîne le cinquièmejour», témoigne Ronan Le Tutour, employé dans une concession Renault à Vannes (Morbihan).
En outre, Worldskills participe à la participation physique et mentale des candidats, en organisant une formation qui durera trois semaines. Celle-ci leur sera prodiguée, entre autres, par Joël Abati, champion du monde de Handball en 2001. «Ils seront en compétition pendant plusieurs jours, c’est un stress énorme, il faut avoir une bonne maîtrise de soi», prévient Rémi James, vice-président de Worldskills France.
En plus de ces ateliers, les compétiteurs suivront prochainement des semaines de formation chez d'autres partenaires, dont une semaine à Glasurit, marque de peinture automobile de BASF. Un programme quasi-olympique sépare les candidats de la date fatidique.



