«Remettre de la rationalité» dans le débat économique. Le Medef a lancé ce jeudi 24 octobre son «front économique» réunissant une centaine de chefs d’entreprises, d’économistes de renoms et des think-tanks proches du monde de l’entreprise. Parmi les participants figurent notamment les économistes Xavier Jaravel (London School of economics), Philippe Aghion (collège de France) et Thomas Philippon (New York university), le président de Safran Ross McInnes, l’ancien patron de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar ou Philippe Varin, ancien président de PSA.
Le projet, qui avait été annoncé lors de ses rencontres des entrepreneurs de France (REF), doit tout à la fois servir à «éclairer ses adhérents», mais surtout à peser dans le débat public, selon l’organisation patronale. Même s’il veut rester soft, le Medef ne mâche pas ses mots contre le niveau du débat politique qu’il juge «appauvri» et de la classe politique qui ne connaît pas assez l'entreprise.
Les débats budgétaires à l’Assemblée nationale ne le rassurent pas. D'autant qu'ils pourraient aboutir à détricoter la politique de l’offre favorable aux entreprises. «Ce qu’on observe dans le débat en commission des finances avec beaucoup de postures et d’exagérations ne donne pas une vision stratégique», critique le président du Medef Patrick Martin.
Peser dans les prochains débats électoraux
Le Medef prévoit de publier à l’été 2025 le résultat de ses travaux. Sept thèmes ont été identifiés, confiés chacun à un binôme d’économiste et de chef d’entreprise. L’organisation patronale veut ainsi phosphorer sur comment «produire et innover», «travailler et rémunérer», «investir et décarboner», «développer les entreprises», «réussir» mais aussi «recentrer l’action publique», qui devra entre autres se pencher sur la profusion de réglementations européennes, notamment en matière environnementale, dont le Medef critique les modalités.

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L’organisation patronale veut se tenir prête dans la perspective des prochaines échéances électorales, que ce soit les municipales de 2026 ou d’éventuelles élections législatives anticipées. «Dans ce cas-là, nous accélérerions nos travaux», pointe le Medef. Même si «la France a furieusement besoin de dialogue», les organisations syndicales n’ont pas été consultées, mais Patrick Martin n’exclut pas de les associer au projet à un moment.
L’organisation patronale assure qu’il n’y a aucun tabou et que les membres du front économique seront libres d’aller à l’encontre de la doxa du Medef. Mais le patronat devra démêler ses propres contradictions. Vice-président de l’initiative, l’économiste Philippe Aghion considère légitime de s’interroger sur le crédit d’impôt recherche. «Est-ce qu’il est suffisamment ciblé sur les innovations de rupture ? Peut-être que oui, mais il faut évaluer», pointe l’économiste. Patrick Martin, lui, émet des réserves. «Cela ne doit pas être inspiré par des considérations budgétaires et se faire dans une perspective stratégique», assure le président du Medef.
Une dégradation inédite du moral des industriels
L'indice du climat des affaires a chuté de sept points en octobre pour s'établir à 92 points, très loin de sa moyenne de longue période. Selon l'Insee, il s'agit de la plus forte baisse de cet indicateur depuis 2008, hors période covid. Les industriels pointent une baisse significative de leur production passée et des carnets de commande qui se dégarnissent en France comme à l'étranger. La chute du moral des industriels est surtout vertigineuse dans les matériels de transport. Dans l'automobile, le climat des affaires a reculé de 98 à 90 points en un mois. Même si le moral des industriels de l'aéronautique reste supérieur à sa moyenne de longue période, il a perdu 15 points en octobre, pour atteindre 101 points.



