Comment Disneyland Paris a inversé son accord de télétravail

Depuis un an, à Disneyland Paris, les salariés éligibles au télétravail doivent se rendre au moins cinq jours par mois sur site, contre un ratio d’un jour par semaine à distance auparavant. Une évolution majeure pour l’entreprise de Marne-la-Vallée, dont les parcs d'attractions et un hôtel rouvrent ce jeudi 17 juin.

Réservé aux abonnés
Château de Disneyland Paris
85% des effectifs de Disneyland Paris ne sont pas éligibles au télétravail. Les parcs d'attractions rouvrent leurs portes cette semaine.

Davantage travailler chez soi qu’au bureau, c’est possible. A Disneyland Paris, dont les parcs d’attractions rouvrent officiellement ce jeudi 17 juin à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) après sept mois de fermeture, l’accord en vigueur sur le télétravail a été repensé il y a un an, lors du premier déconfinement. “Nous avons décidé de renverser la norme, en fixant un minimum de 5 jours par mois de présence sur site. Ensuite, le rythme peut être modulé chaque mois avec le manager de proximité, à l’initiative du salarié. Nous responsabilisons davantage nos salariés, qui fixent leur agenda en concertation avec l’entreprise”, expose Guillaume Da Cunha, vice-président Ressources humaines.

Sur les 17 000 salariés de l’entreprise, dont 11 000 à 12 000 équivalents temps-plein selon les saisons (auxquels se rajoutent des CDD, intermittents, alternants et stagiaires), 85% exercent des métiers exigeant une présence sur le terrain (opérateurs-animateurs d’attractions, agents de sécurité, employés de restauration, vendeurs…). Pour les autres emplois (plus d’une centaine de métiers en fonctions support et commerciales), la montée en charge du télétravail a été fortement accélérée par la crise sanitaire.

Avant mars 2020, un peu moins de 1000 personnes étaient éligibles au télétravail, soit 6% à 7% des effectifs. Seuls les cadres étaient alors concernés, depuis un premier accord entré en vigueur en mars 2018, à raison d’un jour de télétravail par semaine. Une expérimentation était en cours auprès des agents de maîtrise. A partir de mars 2020, le vivier est passé à 4000 personnes éligibles, en l’étendant “sans restrictions” aux agents de maîtrise et aux non-cadres. “Nous avons dû basculer en télétravail à 100%. La crise Covid a contribué à profondément repenser le rapport au travail. Il y avait une profonde appétence de nos salariés pour une nouvelle organisation. Il fallait trouver un équilibre entre confort opérationnel, continuité d’activité et conditions de réussite pour notre encadrement”, indique Guillaume Da Cunha.

Un facteur d'attractivité

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Depuis la réouverture des bureaux, en juin 2020, il est donc requis de se rendre sur place au moins 5 jours par mois. De juillet à octobre 2020, avant le reconfinement, la moyenne constatée a été de 50% de présence sur site et de 50% à distance. “Nous avons un produit qui est fort, et nos salariés ont besoin de se reconnecter avec nos parcs. Le produit crée cet attrait à revenir périodiquement sur site. Par ailleurs, nous avons laissé nos équipes s’organiser par elles-mêmes, parfois en combinant des semaines pleines sur site et à distance. Nous avons aussi revu la charte d’aménagement de nos bureaux”, poursuit le manager. 

Cette nouvelle organisation est désormais mentionnée dans les offres d’emploi. “C’est aussi un moyen d’avoir une force de frappe assez visible pour attirer des talents qui ne sont pas forcément présents dans l’est parisien. Nous avons réussi à élargir le vivier de candidats, notamment sur les technologies digitales”. L’entreprise est située à 32 kilomètres de Paris. Lors de son dernier forum de recrutement, organisé en janvier 2020, Disneyland Paris avait tenté de rassurer ses futures recrues sur l’accessibilité du site.

Des équipements pris en charge par l'entreprise

Pour faciliter le basculement pérenne en télétravail, Disneyland Paris a créé un catalogue de fournitures (tables, chaises, claviers, écrans, repose-pieds…) et accordé une enveloppe de 300 euros à ses salariés pour faire leur choix. Via un prestataire, ce mobilier a été livré au domicile des salariés concernés. Près de 3400 personnes ont eu recours à ce dispositif, en novembre 2020 et en février 2021. Une allocation de restauration de 4 euros par jour de télétravail a été instaurée. En fonction du nombre de jours télé-travaillés, un forfait plafonné à 40 euros par mois pour les dépenses générées (impression, électricité…) a été mis en place. Ponctuellement des clefs 4G ont été fournies.

Par ailleurs, lors du premier confinement, plus de 500 personnes de la centrale de réservation téléphonique, ont dû être équipées. Après avoir travaillé sur l’interconnexion des différents logiciels, une campagne de retrait d’ordinateurs portables avait été organisée en drive-in. Des sessions de formation à distance, destinées à permettre d’appréhender le télétravail, avaient alors été organisées. Une chose ne change toutefois pas : Mickey et ses amis sont de nouveau bien présents physiquement à Marne-la-Vallée pour accueillir leurs visiteurs.

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.