Ce mercredi 9 juin, les parcs de loisirs peuvent rouvrir leurs portes… avec des attractions en état de fonctionnement. Après sept mois de fermeture (“la plus longue période d’interruption qu’ait connu le parc”) depuis le 30 octobre dernier, un arrêt plus long que lors du premier confinement, le Futuroscope reprend du service.
Ouvert en 1987 à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), le complexe (726 salariés en équivalent temps-plein et 1500 saisonniers) doit prendre soin de ses quarante attractions, dont vingt-trois “majeures”. En 2018, les métiers techniques, jusqu’alors externalisés dans une filiale gérée par Dalkia, ont été réintégrés sous forme d’une filiale détenue à 100%, Futuroscope Maintenance et développement (FMD). 55 personnes, dont 40 à la maintenance, la composent.
Depuis deux mois et demi, sitôt l’échéancier de réouverture connu, les équipes ont commencé à remettre en route les attractions un à deux jours par semaine. “Nous avons aussi réglé de petits problèmes récurrents. Nous avons beaucoup de machines robotiques. Nous avons travaillé aussi sur les conditions de travail des opérateurs, la fiabilisation… Il y a eu aussi un budget à gérer avec un parc fermé, en priorisant certaines actions”, indique Vincent Paineau, responsable maintenance et méthodes attractions.
Des opérateurs à former
Depuis le début du mois de mai, les équipes chargées de la maintenance accompagnent les nouveaux opérateurs d’attractions sur des opérations de tests de mise en service, de fonctionnement et d’évacuation, avec un fonctionnement en conditions réelles (sans visiteurs pour autant) avant d’effectuer un débriefing. Un bureau méthodes s’est attelé à rédiger des check-listes permettant d’assurer une traçabilité des opérations avant le démarrage des manèges ou lors d’incidents qui peuvent survenir durant l’exploitation. “En correctif, on tourne entre 6000 à 7000 appels par an. Les grosses défaillances représentent moins d’une vingtaine d’appels par an”, détaille Vincent Paineau.
La fermeture inopinée et prolongée du parc a amené l’équipe (développement, maintenance et travaux) à revoir son planning. Après un recours au chômage partiel et le maintien de quelques personnes sur site pour mettre en sécurité les installations, certaines opérations de maintenance ont pu être anticipées, ainsi que quelques travaux neufs qui devaient attendre le mois de janvier. Les techniciens sont progressivement revenus sur site.
De gros travaux habituellement réalisés durant l’hiver
Lors d’une période d’exploitation classique, le Futuroscope est ouvert 290 jours par an. “Cela laisse peu de temps pour les gros entretiens. Nous sommes fermés au mois de janvier. Nous démontons les équipements qui nécessitent du temps. Certaines pièces sont envoyées en contrôle magnétoscopie et magnétographique, pour détecter s’il y a des fissures sur nos structures notamment. La planification est anticipée dès le mois de septembre. Nous avons des intervenants extérieurs qui viennent alors renforcer les équipes, entre les vacances de Noël et les vacances de février”, explique Vincent Paineau. Le service monte ensuite en charge jusqu’à la période de pointe de juillet-août, où le plus de clients arpentent les allées.
Lorsque le parc (1,9 million de visiteurs et 105 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 ; 1,07 million de visiteurs et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020) est ouvert, une importante partie de contrôles de sécurité est effectuée le matin (état des véhicules, barres de maintien, essais, simulateurs…). Les maintenances hebdomadaires sont assurées matin et soir ou à des horaires décalés. Des opérations mensuelles, trimestrielles et annuelles sont aussi planifiées par l’entité électromécanique (automatisme, pneumatique, hydraulique, compresseurs, groupes électrogènes…) et l’entité audiovisuelle (son et image).
Pour prévenir d’éventuelles pannes ou défaillances, “nous faisons de la maintenance conditionnelle, liée à des rondes et des relevés de capteurs, qui nous aident à aider à diagnostiquer. Cela à coût moindre, en changeant les pièces au bon moment, mais en s’obligeant à être rigoureux”. Des actions sont par ailleurs engagées par le Futuroscope en matière de transition énergétique : installation de 500Kw de panneaux photovoltaïques dans les deux ans (en plus des 120Kw déjà existants), passage en Led de l’ensemble des éclairages d’ici à 2023, et baisse de 20% de la consommation d'énergie sur le périmètre du parc d’ici à 2025.
Un plan pluri-annuel de développement
A l’instar de nombreux industriels, les équipes de maintenance n’échappent pas aux tensions sur les matières. “Nous sommes affectés par des délais de livraison de pièces qui ont été un peu plus longs. Nous anticipons beaucoup les projets pour les années suivantes. Nous relançons actuellement des commandes de pièces, mais les délais se sont allongés de douze à vingt semaines sur certaines pièces électroniques et hydrauliques, mais pour l’heure nous avons du stock”, ajoute Vincent Paineau.
Dans le giron de la Compagnie des Alpes (domaines skiables, Parc Astérix, Walibi, musée Grévin…) depuis 2011, le Futuroscope s’apprête à bénéficier d’un plan d’investissement de 300 millions d’euros sur dix ans, dont les trois-quarts doivent être réalisés d’ici à 2025. 22 hectares sont mobilisés pour ce projet, qui doit, à terme, générer 650 000 visites supplémentaires par an, et 750 emplois directs et indirects. Un parc aquatique est notamment prévu pour 2024.
“En fonction des technologies qui vont entrer, nous cherchons des profils dédiés, notamment avec le projet de parc aquatique, même si nous avons déjà beaucoup d’eau sur le parc. Nous aurons des piscines. Nous formons aussi en interne sur de nouvelles activités”, précise Vincent Paineau. Pour l’heure, un fort recours à l’apprentissage est effectué sur les métiers techniques.



