Citeo et le Centre technique du papier cherchent une alternative aux enveloppes plastiques des magazines

En 2022, les films plastiques entourant vos revues (dont l’Usine Nouvelle) acheminées par voie postale ou par portage ne pourront plus être utilisés. L’éco-organisme Citeo a lancé un projet dédié à leur substitution, E-Bliss, en partenariat avec le Centre technique du papier. Des tests sont en cours.

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E-Bliss - Emballages de magazine
Le produit E-Bliss est légèrement opaque.

Plancher sur une solution alternative aux films blisters qui entourent la presse et les communications imprimées envoyées par voie postale à domicile, telle est la mission que se sont fixés Citeo, l’éco-organisme en charge des emballages et des papiers graphiques, et le Centre technique du papier (CTP). Objectif : être prêts pour 2022, année de leur interdiction en vertu de la loi Agec (anti-gaspillage et économie circulaire). Depuis 2017, suite à la loi Transition énergétique, le routage des documents imprimés devrait déjà s’effectuer (sans sanction toutefois) dans des films aptes au compost à domicile.

Du plastique en papier (et en mieux)

Les deux organismes planchent depuis trois ans sur une solution alternative, avec un cahier des charges... chargé. "Nous devions créer un nouvel emballage qui soit compostable à domicile, recyclable dans la filière papier, transparent, thermoscellable afin d’être mis en œuvre sur les machines utilisées pour la mise sous pli plastique, sans plastique et avec des coûts proches des films actuels", énumère Jean-François Robert, directeur technique éco-conception chez Citeo, en charge des papiers fibreux et des emballages en verre.

Baptisé E-Bliss, le nouvel emballage co-conçu par Citeo et le CTP est produit de manière expérimentale en Suède.Testé depuis 2019, il est plus lourd (40g/m² contre 20g/m² environ) mais utilise une qualité de fibre de cellulose existante, la glassine, à laquelle sont ajoutés soit un coating en latex, soit un traitement de surface par des technologies d’impression. A la mise en oeuvre, seule la découpe entre deux publications est modifiée: elle doit s’effectuer au couteau, et non de manière thermique comme auparavant.

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Et si des enveloppes papier suffisaient?

Associés au projet, les représentants des professions concernées ont aussi testé les envois sous enveloppe papier et sans emballage, avec un taux de satisfaction des lecteurs de 98 %. "La question de la protection des documents était souvent mise en avant, avec beaucoup de boîtes aux lettres non-standardisées en France. Il y a eu une surestimation de la dégradation de l’état des éditions", relate Jean-François Robert.

Ces deux solutions montrent quand même leurs limites : sans emballage, la mention de l'adresse postale se retrouve directement sur le document envoyé, ce qui nécessite de réserver un espace pour l’impression de ces données, voire de changer le maquette selon les circuits afin de réserver une case blanche. Sous enveloppe papier, les documents sont invisibles et ne peuvent pas être scannés (code-barres).

Plusieurs tests d’E-Bliss sont prévus d’ici à la fin de l’année. La production expérimentale a débuté en Suède en 2019. Avant l’été, un routeur a reçu plusieurs lots de bobines pour tester la solution grandeur nature. "L’impact sur les machines existantes sera très faible", promet Jean-François Robert.

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