Chronique

[Chronique] Les engagements des 50 sites les plus pollueurs de France seront-ils tenus ?

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Unité de captage de CO2 d'Arcelor Mittal à Dunkerque
Unité de captage de CO2 d'Arcelor Mittal à Dunkerque

“Nous sommes à la mi-temps”. La phrase est de Roland Lescure, le ministre de l’Industrie, qui a accordé une interview exclusive à L’Usine Nouvelle, à propos de la décarbonation des 50 sites industriels les plus émetteurs de CO2 de France. Le match n'est pas perdu, mais il est loin d'être gagné. “Concrètement, 46 sites parmi les 50 ont déjà rédigé une première version de leurs plans et ces premières versions permettent en moyenne de réduire de 44% les émissions des sites à 2030”, nous dit le ministre qui se déclare “satisfait du travail des industriels”. Ils doivent finaliser leurs engagements dans les mois à venir. L'objectif à 2050 est simple : ne plus polluer.

Qui va payer cette décarbonation ? L’Elysée a été très clair, en disant : si vous allez plus vite que prévu et si vous faites davantage d'efforts, on mettra plus d’argent pour vous aider. En tout, ce sont 10 milliards d’euros qui pourraient être mobilisés. Ou plus si besoin, laisse entendre Roland Lescure. Au moment où les Etats-Unis font les yeux doux à l’industrie européenne à coup de subventions faramineuses pour installer sur leur sol des industries propres, l’argent c’est le nerf de la guerre. 

L'enjeu est énorme. Si les objectifs sont tenus avec ces 50 sites industriels il doit être possible à terme de baisser de 60% les émissions industrielles. C’est l’équivalent de la rénovation d’une dizaine de millions de logements, selon le ministre de l’industrie. A eux seuls, ces cinquante sites représentent aujourd'hui 11% des émissions totales de CO2 de la France. L’enjeu de la décarbonation est donc crucial.

Mais pour y arriver ces sites vont avoir besoin bien souvent de changer de sources d’énergie. En bref, de passer du pétrole à l’électrique. C’est indispensable de l'anticiper. De ces plans va dépendre notamment le nombre de nouvelles centrales nucléaires ou de pipeline à hydrogène à construire.

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Mais il n'y a pas que nos usines qui doivent basculer : notre parc automobile et les logements dont aussi faire leur transition vers l’électrique en grande partie. La consommation va donc s’envoler., mais pour le moment on a bien du mal à finir de construire l’EPR de Flamanville. Et on sait bien que l’on aura du retard sur le calendrier prévu pour faire les nouvelles tranches annoncées… Bref, si on a passé le blackout cet hiver ça s’annonce beaucoup plus compliqué dans les années à venir. Et là-dessus les Russes n’y seront pour rien. On ne pourra s’en prendre qu’à nous mêmes d’avoir trop attendu...

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