Des profits records mais des augmentations jugées insuffisantes. Dans les usines Stellantis de Douvrin (Pas-de-Calais), Hordain (Nord) et Valenciennes (Nord), des mouvements de débrayage ont été organisés depuis le 15 septembre pour réclamer des revalorisations salariales. Alors que la direction du groupe automobile doit rencontrer les syndicats pour discuter d’une éventuelle prime le 27 septembre, la CGT a appelé à la grève sur tous les sites de production pour exiger des mesures plus pérennes.
Selon la CGT, près de 500 ouvriers se sont mis en grève le 16 septembre sur le site de Hordain, spécialisé dans les véhicules utilitaires légers. De son côté, Stellantis a dénombré environ 240 personnes mobilisées le 19 septembre, puis une quinzaine le 20 septembre. À Valenciennes, la CGT a décompté 60 salariés mobilisés le 19 septembre tandis qu’une vingtaine auraient manifesté à Douvrin le 17 septembre.
« Une indifférence inacceptable »
La question des rémunérations agite l’entreprise depuis plusieurs mois. Et pour cause, l’échec des négociations salariales en début d’année 2022 a été suivi par des résultats records au premier semestre. La polémique sur le (gros) salaire du directeur général du groupe, Carlos Tavares, n’a pas arrangé les choses. Pas plus que les pertes de salaire liées aux mesures de chômage partiel. Stellantis devenant une référence en matière de rentabilité, les syndicats ont plusieurs fois demandé une meilleure redistribution des marges aux salariés. Un appel qui met du temps à être entendu… En septembre, plusieurs syndicats ont adressé des lettres à la direction du groupe pour souligner l’urgence de la question face à l’inflation.
« La bonne santé de notre groupe et les bons résultats économiques permettent d’envisager des solutions sans mettre en péril notre entreprise. Le mutisme de la direction sur ce sujet donne le sentiment d’une indifférence inacceptable », peut-on lire dans une lettre de Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale de la CFDT Stellantis, adressée à la direction du groupe le 14 septembre, quelques jours avant la planification de la rencontre du 27 septembre.

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L’incertitude sur les augmentations demeure
« La pression sociale est tellement forte que la direction veut donner un signe positif », interprète Anh-Quan Nguyen, délégué syndical central de la CFE-CGC Stellantis. Mais les discussions risquent de démarrer d'un mauvais pas le 27 septembre. Plusieurs représentants syndicaux redoutent d'ores et déjà que la question des augmentations soit évacuée pour négocier simplement la distribution d’une prime de partage de la valeur.
« Certes, nous sommes satisfaits d’avoir obtenu une date. Mais l’objet de la convocation envoyée par la direction écarte totalement la question des salaires. Les salariés souhaitent avant tout des augmentations générales », signale Christine Virassamy. La CFE-CGC considère également que « la revalorisation des salaires est la seule mesure pérenne » pour protéger le pouvoir d’achat. « Il va falloir imposer à la direction des discussions sur les salaires », renchérit Jean-Pierre Mercier, porte-parole CGT de Stellantis. La CGT a ainsi maintenu son appel à la grève malgré l’annonce de la réunion du 27 septembre.
« Nous avons une habitude de dialogue social. Notre esprit est de coconstruire avec les organisations syndicales », commente de son côté Stellantis. En février, le groupe avait indiqué avoir redistribué 1,9 milliard d'euros à ses salariés pour les faire bénéficier des résultats de 2021. « Soit 770 millions d’euros de plus que le cumul des montants redistribués en 2020 par chacune des précédentes sociétés, soit une augmentation de 70% », précisait l'entreprise à cette époque. Certains syndicats dénonçaient déjà une redistribution insuffisante.
Stellantis investit à Mirafiori… au détriment de Metz ?
Stellantis n’a pas commenté publiquement l’objet des prochaines discussions avec les syndicats. Parallèlement, le constructeur automobile a annoncé le 20 septembre un investissement à Mirafiori (Italie) pour y produire des boîtes de vitesses électrifiées destinées aux véhicules hybrides et hybrides rechargeables en collaboration avec Punch Powertrain. Le projet prévoit également la création d’un centre d’économie circulaire sur le même complexe.
« L’installation modernisée, implantée au sein du complexe de Mirafiori à Turin, en Italie, complétera la capacité existante de Metz en France », indique dans un communiqué le constructeur automobile. L’annonce représente sans aucun doute une bonne nouvelle pour Mirafiori mais que signifie-t-elle pour le site mosellan ? « Le site de Mirafiori va fabriquer exactement la même boîte de vitesses que Metz. On dédouble une production au sein de l’Europe. À terme, l’un des deux pourrait absorber l’autre », redoute Christine Virassamy.



