Stellantis débourse 923 millions d'euros pour racheter 2,2% de son propre capital à General Motors

Le groupe automobile Stellantis a annoncé mardi 13 septembre avoir signé un accord de rachat d'actions avec le constructeur américain General Motors. Celui-ci prévoit la cession de 69,1 millions d'actions ordinaires de Stellantis, soit environ 2,2% de son capital, pour un peu plus de 923 millions d'euros.

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Opel Corsa
PSA avait racheté Opel/Vauxhall à General Motors en 2017.

Stellantis affermit sa prise sur son capital. Le groupe aux 14 marques, né de la fusion de PSA et de Fiat-Chrysler, a indiqué mardi 13 septembre qu'il avait conclu un accord avec le constructeur américain General Motors afin de lui racheter « les 69,1 millions d’actions ordinaires de Stellantis [...] que GM est en droit de souscrire à l'exercice des bons de souscription d’actions initialement émis par Peugeot S.A. au profit de GM en 2017 ». Ces bons de souscription, émis au profit de General Motors lors de l'acquisition par PSA de l'activité automobile d'Opel et Vauxhall, représentent environ 2,2% du capital du leader français de l'automobile.

GM obtient des actions Faurecia

Dans un communiqué, Stellantis précise que ce rachat avait reçu le feu vert de l'assemblée générale des actionnaires en avril dernier et que le prix de la transaction s'élèvera au total à 923 247 678 euros. Dans le cadre de cette opération, le groupe délivrera également à GM « environ 1,2 million d'actions ordinaires de Faurecia et un montant global en numéraire d'environ 130 millions d'euros représentant les droits à dividendes payés par PSA et Stellantis ». Cette émission, ainsi que le rachat des actions, « interviendront tous deux le 15 septembre ».

Malgré le montant important de l’opération, près d'un milliard d'euros, le syndicat CFE-CGC ne se dit pas surpris. « Cette opération est prévue depuis l’achat d’Opel en 2017 », indique à L’Usine Nouvelle Anh-Quan Nguyen, délégué syndical central de la CFE-CGC Stellantis. « Le CSE et le comité de groupe européen avaient donné des avis favorables au rachat d’Opel et à la fusion avec FCA », rappelle-t-il.

« Je pense qu’il y a des provisions pour cela », ajoute Anh-Quan Nguyen quant au prix du rachat. Il faut dire que le groupe peut s'appuyer sur des résultats financiers semestriels solides, essentiellement dus à la hausse des prix de ses véhicules. Lors des six premiers mois de l'année, le constructeur a enregistré une marge opérationnelle de 14,1%, un bénéfice net de 8 milliards d'euros, en progression de 34% sur un an, et un chiffre d'affaires de 88 milliards d'euros (+17%).

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« Le rachat d'actions était une vieille politique de PSA pour faire monter artificiellement le cours de l'action », réagit de son côté Jean-Pierre Mercier, porte-parole CGT de Stellantis. « L'argent coule à flots. Cet argent serait bien plus utile à augmenter les salaires », reproche-t-il. Dans un contexte d'inflation, les salariés comptent bien faire valoir leurs revendications lors des négociations salariales qui doivent se tenir au début de l'année 2023.

Valentin Hamon-Beugin, avec Simon Chodorge

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