Analyse

Cette retraite par répartition créée par Vichy

La chronique de Pascal Gateaud, rédacteur en chef de L'Usine Nouvelle.

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retraite retraité personne âgée senior seniors temps libre
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Après plusieurs semaines de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites, c’est une tribune dont il faudrait imposer la lecture. "Le système par répartition, c’est la faute à Pétain", a titré lemonde.fr en publiant, le 2 janvier, ce texte écrit par Philippe Simonnot, ancien professeur d’économie du droit à Paris-X. Le système de retraite par répartition, ne cesse-t-on de nous répéter, serait né grâce aux fameuses ordonnances sur la Sécurité sociale du 4 octobre 1945.

"Une des réécritures de l’histoire dont notre pays est coutumier", assène d’entrée l’économiste. Avant de suivre sa démonstration, il n’est pas inutile de rappeler qu’officiellement le régime et l’œuvre de l’État français, dirigé depuis Vichy, ont été effacés de l’Histoire après la Libération. Une ordonnance promulguée le 9 août 1944 à Alger par le gouvernement provisoire de la République française sous l’autorité du général de Gaulle déclare nuls et non avenus les actes de "l’autorité de fait", c’est ainsi qu’est désigné le gouvernement de Vichy. Le régime collaborationniste n’en a pas moins laissé des traces indélébiles. À commencer par le système de retraite par répartition.

Avant l’intervention de Vichy, la France était dotée, depuis 1930, d’un régime... par capitalisation, en pleine maturation. Du fait d’une situation florissante, le taux de cotisations avait d’ailleurs été réduit. Le 14 mars 1941, certaines dispositions de la loi de répartition sont censées venir au secours de nombreuses personnes âgées. Elles "permirent d’affecter au paiement de l’"allocation aux vieux travailleurs salariés" les cotisations recouvrées dans le cadre du précédent régime". Philippe Simonnot cite René Belin, l’ancien dirigeant de la CGT nommé secrétaire d’État au travail par le maréchal Pétain : "Les cotisations destinées à la couverture du risque vieillesse ne donneront plus lieu à un placement, mais seront utilisées au fur et à mesure de leurs rentrées dans les caisses pour le service des pensions."

Compte tenu de l’asservissement total de l’économie français aux besoins de l’occupant et de l’extrême misère que cela a engendré, "il n’y avait peut-être pas d’autres moyens d’empêcher un certain nombre de personnes âgées de mourir de faim", précise Philippe Simonnot. Aucun gouvernement, depuis, n’a voulu faire machine arrière vers la capitalisation... Trop dur et trop risqué !

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