Ce que devrait contenir le plan de résilience pour les entreprises françaises affectées par la guerre en Ukraine

Après l’annonce d’une subvention de 15 centimes par litre de carburant, le gouvernement s’attelle au soutien des entreprises pénalisées par la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie. Il sera présenté ce 16 mars par le Premier ministre Jean Castex et promet d’être très ciblé.

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Certaines entreprises de l'agro-alimentaire voit leur budget énergie flamber

Le Premier ministre Jean Castex doit annoncer ce 16 mars un plan de résilience pour les entreprises qui font face à des difficultés liées à la guerre en Ukraine. Selon une source à Bercy, il ne souhaite pas reproduire un dispositif à la «quoi qu’il en coûte», estimant que les problèmes sont localisés et ciblés. Les Commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises en régions ont identifié 250 sociétés rencontrant des problèmes, dont certaines en incapacité de produire. « Il faut éviter à la fois des effets d’aubaine et des blocages de production en aval »  confie-t-on au ministère de l’économie. Pour ce qui concerne l’industrie, le soutien vise en priorité des gazo-intensifs, des entreprises du secteur de l'agro-alimentaire et certains acteurs de la métallurgie affectés par des difficultés d’approvisionnements.

Le type d’aides a été négocié dans un cadre européen, afin d’éviter les distorsions de concurrence et la mise au tapis de producteurs européens de substitution par rapport à des fournisseurs russes ou ukrainiens. Le cadre des aides d’Etat est donc viabilisé.

Trois leviers principaux

Trois type de soutiens sont prévus : un apport de liquidité via une extension des Prêts garantis par l’Etat, de la subvention pour compenser des écarts de coût d’énergie à un niveau très élevé et un maintien du dispositif d’APLD (activité partielle de longue durée) au-delà de 24 mois pour les entreprises qui ont déjà signé ce type d’accord. « Certaines entreprises très énergivores sont enfermées dans le dilemme soit de détruire leur outil de production en le stoppant, soit de détruire leurs fonds propres en poursuivant leur activité» rapporte une source à Bercy. Pour celles dont la marge s’est un peu écrasée, pas question d’intervenir « C’est la vie. Certaines entreprises ont tendance à penser que le marché, c’est parfait quand tout va bien et que l’Etat soit intervenir au moindre coup dur.»

A moyen terme, c’est la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières critiques qu’il faudra revoir, mais ce dossier avait été largement anticipé par la ministre chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, qui en a fait un sujet phare pour la présidence française du Conseil de l’Union européenne. Suite au rapport commandé à Philippe Varin - présenté en début d’année, il a participé à sensibiliser largement les industriels au sujet - deux réunions se sont tenues avec les ministres de l’Industrie de l’Union lors de conseils de la compétitivité. Le premier en janvier, puis le 24 février... jour de l’invasion Russe en Ukraine. C'est ce qu’on appelle « avoir la vista ». Même si, de l'identification des points de blocage aux solutions concrètes, il y a souvent de sérieux chantiers à mener.

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