Première mondiale pour l’agriculture intensive. La jeune pousse française Iridesense a dévoilé au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas, mardi 9 janvier, le premier lidar 3D multispectral au monde, appliqué à l’analyse des parcelles agricoles. Celui-ci doit être capable d’analyser en temps réel et à distance la santé des végétaux et le niveau d’humidité de la terre, permettant d’optimiser la gestion de l’eau et des plantations agricoles.
«L’infrarouge nous permet de capter la composition des éléments chimiques, comme leur niveau d’humidité par exemple», précise Nadine Buard, cofondatrice et directrice générale d'Iridesense. Pour identifier les carences d'eau en agriculture, la plupart des technologies alternatives sont limitées à des distances de détection d’1,5 mètre ou ne fonctionnent pas en extérieur, où l’environnement lumineux n’est pas maîtrisé. Le lidar multispectral émet, lui, sa propre lumière et ne dépend donc pas de la luminosité extérieure – à l’instar des caméras embarquées sur les drones.
Analyser les parcelles agricoles américaines
Au sommet d’un mât dressé au milieu d'un champ, accroché à un drone ou greffé à un tracteur, le lidar (pour Light Detection and Ranging) balaie l’espace avec un laser infrarouge d’une portée de 300 mètres. Il calcule alors les distances en fonction de la durée entre l’émission et la réception du signal rétrodiffusé. Le lidar reconstitue alors l’image sous la forme d’un nuage de points, permettant de distinguer sur écran les plantes en mauvaise santé de celles en bonne santé.
Iridesense lorgne les gigantesques exploitations agricoles du Brésil, du Canada et des États-Unis, qui intègrent déjà une forte innovation technologique. La start-up doit déployer son lidar en février sur une parcelle agricole d’eucalyptus d’une longueur de 60 km au Brésil. «L’objectif de l’exploitant est d’identifier les plants morts afin de les remplacer au plus vite», explique Nadine Buard.
Iridesense Le lidar, de 3,5 kilogrammes pour une puissance 60 watts, entre les mains de Nadine Buard.
Automatiser la production du lidar en 2024
La jeune pousse, créée en mars 2023, espère lever 4 millions d’euros afin d’industrialiser sa technologie et multiplier par trois la taille de son équipe de 12 personnes. Elle a déjà vendu trois lidar et dispose d’une dizaine d’unités disponibles à la commercialisation. «Aujourd’hui, toute notre production est manuelle. Nous voulons acquérir une machine afin d’automatiser l’assemblage à partir de fin 2024», pointe Nadine Buard. Objectif : 400 unités produites en 2025 puis 1 000 en 2026.
La cofondatrice espère également placer ses pions dans les aéroports. «Nous avons identifié leur besoin de pouvoir surveiller le tarmac. Le lidar devrait permettre d’accélérer l'identification des petits objets présents sur les pistes», avance Nadine Buard. La fondatrice imagine également une extension de l'application du lidar à d'autres secteurs, comme les mines, afin d’identifier les meilleures zones à creuser.



