Remplacer les anémomètres côtiers par des lidars, en mer, pour mieux caractériser les vents marins. Et améliorer le dimensionnement de futurs parcs éoliens offshore. Voilà l’objectif du programme lancé par France Énergies Marines en 2021, pour une durée de trente mois. Baptisé Powseidom, celui-ci vise à caractériser précisément la ressource en vent ainsi que sa turbulence, qui correspond à des variations imprévisibles et rapides de vitesse et de direction. Un lidar profilant a été installé dans ce cadre fin 2022 sur l’île de Planier, un site sans relief au large de Marseille, «où les conditions de vent sont similaires à celles capturées au large, dans les futures zones d’implantation des parcs éoliens», expose Maxime Thiébaut, chercheur en analyse de données météo-océaniques et responsable du projet.
Semblable au radar, mais émettant des impulsions de lumière infrarouge au lieu d’ondes radio, le lidar est aujourd’hui certifié pour l’estimation de la ressource en vent, mais pas encore pour caractériser la turbulence. C’est ce à quoi entend répondre Powseidom. Pour l’heure, le pourcentage de surestimation de la turbulence est encore d’environ 10 à 15%. Ce qui engendre un surdimensionnement des machines... avec à la clé un surcoût pour les industriels. «Nous avons développé une première méthode de caractérisation de l’intensité de turbulence qui permettra de transférer ce jeu de données aux industriels, pour qu’ils puissent améliorer le dimensionnement de leurs éoliennes», précise Maxime Thiébaut. Un sujet de recherche qui pourra aussi, à terme, participer à optimiser le pilotage des éoliennes en direct, selon les changements de vent.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3176 - Avril 2023



