Rapidité, efficacité, cohérence, équilibre. Pour mettre en œuvre le plan de relance, il ne sera pas question de perdre du temps. Au-delà de son montant de 100 milliards d'euros et de la pertinence de ses orientations, la vitesse est l’enjeu principal pour l'exécutif. Bruno Le Maire a déclaré lors de la rencontre de rentrée du Medef qui se tient à l'hippodrome de Longchamp, "je me suis fixé un délai de deux ans pour redresser l’économie française". A cette date, en 2022, il y a en effet une échéance politique majeure...
Ce 27 août, le ministre de l’Economie et des finances était plutôt optimiste estimant qu’"avec des mesures efficaces l’on peut faire mieux qu’une récession de 11 % en 2020" (-11 % étant l’estimation sur laquelle le gouvernement a construit son budget).
Un guichet à Bercy
A priori, une "Mission relance" sera pilotée par Bercy. Elle jouera un rôle de surveillance de la simplicité et du bon fonctionnement des dispositifs et fera office de guichet unique sur le soutien public des investissements. "Les décaissements devront être le plus rapides possible. S’il s’agit d’un chantier par exemple, le premier coup de pioche doit pouvoir être donné dès le début de 2021". Cette Mission relance fera un point hebdomadaire de l’avancement du plan. Il sera composé des ministres, des équipes du ministère de l’Economie, de personnalités qualifiées, de responsables d'organisations syndicales et patronales. La composition de cette mission sera communiquée la semaine prochaine. Elle sera là pour réajuster le tir si besoin. "Et si un projet mirifique de rénovation énergétique du bâtiment n’avance pas, nous déplacerons l'investissement prévu sur d’autres projets."

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Pour convaincre des capacités de l’administration à mettre en œuvre rapidement les dispositifs du plan de relance, le ministre a vanté l'efficacité de l'administration lors du confinement. La veille le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux avait effectivement salué et fait applaudir le travail des fonctionnaires qui "avaient envoyé en moins de trois semaines dès avril, les chèques de remboursement du chômage partiel".
Cette exigence de rapidité se double d’une volonté de transformer profondément et à long terme l’appareil productif français. "Nous en sortirons plus compétitif, avec plus d’innovations, plus de nouveaux secteurs industriels dans l’IA, le quantique, l’hydrogène … " a déclaré le ministre.
Deux défis à relever
A ce stade, deux questions se posent éventuellement sur l'exécution de ce plan de relance. La première est la capacité à concilier des ambitions qui peuvent sembler contradictoire : une rapidité, qui peut confiner à la précipitation, et la volonté de ne pas se louper sur des choix qui doivent fonder le renouveau de l’économie. Pas impossible, mais délicat.
Le second sujet d’alerte est soulevé par Olivier Lluansi, directeur associé chez PWC qui a piloté la mission Territoires d’industrie. Sur les pelouses de l'hippodrome de Longchamp où on le croise il prévient : "L’Etat va se doter de moyens et d’une vision mais attention à ne pas tomber un trop grand centralisme. C’est dans les territoires que s’invente les projets. Ce sont les régions qui ont en charge le développement économique et c’est leur rôle de structurer des écosystèmes qu’elles connaissent." La régionalisation du plan national de relance est à affiner.



