Cette fois, c’est officiel. Vendredi 17 mai, Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, a annoncé la création d’une gigafactory dédiées aux batteries solides dans l’agglomération de Mulhouse (Haut-Rhin) ainsi que d’un centre de recherche et une première ligne pilote dans la communauté de communes de Quimper Bretagne Occidentale (Finistère). Le tout doit représenter un investissement de plus de 2,2 milliards d’euros pour 1500 emplois créés d'ici à 2032.
La mise en service de la gigafactory de Blue Solutions est prévue pour 2030. La commune de Wittelsheim a été évoquée ces derniers jours, mais n'a pas été mentionnée lors de l'annonce officielle. A terme, sa capacité annuelle de production est annoncée à 25 gigawattheures (GWh) par an, soit assez pour équiper 250000 véhicules.
«La famille s’agrandit avec le Grand-Est, proche de nombreux constructeurs automobiles et avec un bassin très développé d’équipementiers, a indiqué Yannick Bolloré, PDG du groupe Bolloré. C’est un symbole fort de la réindustrialisation française en marche.» En Bretagne, le futur site de R&D breton du groupe dédié aux batteries doit embaucher 230 à 250 personnes. Il sera mis en service en 2026 avec une aide la Région de 13 à 14 millions d’euros.
Une technologie clé, plus efficace
ProLogium, Toyota ou Volkswagen se sont aussi lancés dans le développement accéléré des batteries tout-solide, dites de quatrième génération. Cette technologie dans laquelle investit Bolloré depuis plus de 20 ans désigne les batteries à accumulateurs lithium-ion, dont l’électrolyte (la couche entre les électrodes permettant le passage des ions) est non plus liquide, comme aujourd’hui, mais solide.

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Extrêmement difficile à maîtriser, cette modification permet des recharges plus rapides et une meilleure capacité à densité (poids et volume) identique. Au final, Bolloré qui souligne être le seul au monde à avoir industrialisé la fabrication de ses batteries solides Lithium-Métal, indique qu’elle offrent «40% d'autonomie supplémentaire par rapport aux capacités maximales actuellement projetées sur les batteries lithium-ion».
Présent lors de l’annonce, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a rappelé le soutien du gouvernement à la filière de la batterie en France et en Europe. «Au total, dans une filière qui n'existait pas il y a 5 ans – nous ne produisions pas une seule batterie électrique en France –, par la seule volonté industrielle et politique, nous allons recréer une nouvelle filière industrielle qui va représenter d'ici 10 ans 20000 emplois industriels», s’est félicité ce dernier. Pour le gouvernement, le plus important reste de contrôler l’intégralité de la chaine de valeur, de l’approvisionnement en matières premières à la fabrication.
Pour protéger les industriels européens de la concurrence étrangère, notamment chinoise, Bruno Le Maire a communiqué trois propositions à destination de l’Union européenne. Il souhaite tout d'abord supprimer le certificat d’origine des produits importés. Ce document permet aux produits fabriqués dans une usine qui respecte les critères environnementaux de l’Union européenne, mais située dans un pays qui ne les respecte pas, de ne pas payer la taxe dédiée quand ils arrivent en Europe.
Ensuite, le ministre veut qu'une part de 40 à 60% des appels d’offres publics soient réservés à des produits français ou européens. Enfin, il demande à ce que soit mise en place une exigence de réciprocité de la politique commerciale par l’Union européenne. Bruno Le maire veut pour cela utiliser les outils déjà créés par l'Union européenne contre les produits importés fortement subventionnés qui cassent la compétitivité des industriels européens.



