Bruno Le Maire veut en finir avec le "quoi qu’il en coûte". Mais cela n’empêche pas de nouvelles mesures ciblées pour les secteurs les plus affectés par la crise énergétique. Le ministre de l’Industrie Roland Lescure travaille à un plan de soutien spécifique pour l’industrie agroalimentaire. Il pourrait être présenté au mois de février. «Je souhaite renforcer le soutien aux entreprises de l’agroalimentaire», confirme Roland Lescure auprès de L’Usine Nouvelle.
Inquiétude pour les PME et les ETI
Pour le ministre de l’Industrie, le secteur agroalimentaire est celui dont la situation est la plus inquiétante actuellement. «Ces entreprises, notamment les ETI et PME, font face à des difficultés majeures du fait de la hausse des prix de l’énergie qui vient s'ajouter à une hausse des prix des matières premières agricoles et industrielles», pointe Roland Lescure. Dans les autres secteurs industriels, le ministère juge la situation moins catastrophique. «On a une situation à deux vitesses, avec les entreprises qui peuvent répercuter les hausses de prix et les autres», estime-t-on à Bercy.
Pris en tenaille entre la pression de la grande distribution et la montée des prix agricole, les industriels de l’agroalimentaire ont vu leurs marges fondre depuis le printemps. Selon un rapport de l’Inspection générale des finances remis en novembre à Bruno Le Maire, l’excédent brut d’exploitation des industriels du secteur a baissé de 16 % entre fin 2019 et le premier semestre 2022, tandis que celui de la grande distribution s’est replié de 1% seulement. Mieux protégés par la loi Egalim 2 et soutenus par l’évolution des cours mondiaux, les revenus des agriculteurs sont, eux, en augmentation.
Accélérer les investissements dans la décarbonation
En décembre, le gouvernement a déjà poussé un "pacte" entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire, afin que les grandes enseignes s’engagent à tenir compte de la hausse des prix de l’énergie dans la renégociation des prix en 2023. Mais celui-ci ne vaut que pour les PME agroalimentaires. Il ne concerne pas le groupe Cofigeo, par exemple qui possède la marque William Saurin. Depuis janvier, l’ETI, a mis 800 de ses 1200 salariés au chômage partiel afin de limiter la flambée de ses coûts énergétiques. Même si ses difficultés vont au-delà de la crise énergétique, elle est symptomatique d’un tissu d’entreprises de taille moyenne en manque d’investissements et dont les trésoreries sont mises sous pression par l’inflation.
Le contenu de ce plan de soutien n'a pas encore été précisé. Selon Roland Lescure, il s'agit d'accompagner la transformation nécessaire du secteur. «Il faut profiter de la crise pour accélérer la transition écologique, et accélérer la montée en puissance des aides à la décarbonation», valide-t-il. Ce qui pourrait passer par une accélération des investissements dans des procédés de fabrication moins énergivores, de nature aussi à réduire la facture énergétique des entreprises. Contactée, l'Ania qui représente les industriels du secteur, assure ne pas avoir encore été consultée par le ministère pour contribuer à son élaboration.



