Pour Bpifrance, c’est une forme de première validation de l’intuition qui a conduit au lancement du plan start-up industrielles et PME innovantes en janvier 2022, et avant, du plan «deeptech» il y a quatre ans. Selon son observatoire dédié, qui publie des chiffres pour la première fois, 35 sites industriels ont été inaugurés par des start-up l’an passé en France. La majorité de ces sites sont des créations de première usine (16) ou des lancements de démonstrateurs (12). Le reste est composé d’une nouvelle ligne au sein d’une usine existante, de deux extensions d’usines et de quatre déménagements vers un nouveau site.
«La réindustrialisation par l’innovation commence à porter ses fruits, même si nous partons sur un cycle relativement long», estime Paul-François Fournier, le directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’innovation, auprès de L’Usine Nouvelle. Les premières usines d’Afyren, Lactips, Agronutris, Symbiose ou encore de Renaissance textile sont des exemples parmi d’autres de celles identifiées par Bpifrance. Selon l’observatoire, une première usine fait en moyenne 4 000 mètres carrés et génère autour de 35 emplois. C’est 1 400 mètres carrés et 11 emplois pour les démonstrateurs.
Un retournement de cycle attendu en 2023
Ces inaugurations de site ont eu lieu dans un contexte financier globalement favorable pour les start-up industrielles ou ayant vocation à le devenir, avec environ 3,8 milliards d’euros levés au cours de l’année, contre 2,8 milliards en 2021. Près des deux tiers du montant a été destiné à des start-up au stade préindustriel ou industriel en 2022, et un gros tiers aux jeunes pousses dites «à vocation industrielle». Encore en phase de R&D, celles-ci développent des produits ou procédés en visant une production en série de biens matériels. «Le montant levé est en hausse de 36% par rapport à 2021, contre 17% pour l’ensemble des start-up françaises. La dynamique est donc plus forte sur les start-up industrielles, ce qui montre un déplacement progressif des investisseurs vers cette nouvelle thèse», considère Paul-François Fournier.
En prenant également en compte les inaugurations des PME et ETI innovantes (avec un produit ou un process innovant), 76 nouveaux sites industriels ont vu le jour en 2022. Les chiffres étant publiés pour la première fois, la comparaison avec les années précédentes est difficile. L’objectif de Bpifrance d’atteindre un rythme de 100 nouveaux sites par an à l’horizon 2025 semblerait en tout cas atteignable. «Quand les conditions de marché sont assez ouvertes, on a un vivier à stimuler. Mais 2023 pourrait être plus difficile car le marché du capital-risque connaît un renversement de cycle, tempère toutefois Paul-François Fournier. La désindustrialisation s’est faite sur plusieurs dizaines d’années, nous n’allons pas mettre trois ans à réindustrialiser.»

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Un effort à venir sur les PME et un nouveau fonds
Chez Bpifrance, on constate que la réalisation de «l’objectif 100» devra s’accompagner d’un effort particulier à faire sur les PME industrielles dans les mois et années à venir. «Il va falloir un gros travail d’accompagnement pour les faire bénéficier des outils de financement traditionnels et des appels à projets de France 2030, souligne Paul-François Fournier. Certaines ont un peu perdu le goût de l’innovation.» L’institution annonce également le lancement à venir d’un fonds d’amorçage industriel. Ce fonds investira en direct au capital d’entreprises avec une faible intensité technologique, sans qu’on ait plus d’informations pour le moment.
Au total, Bpifrance a référencé 1 900 start-up industrielles ou à vocation industrielle à fin 2022 en France, dont plus de 600 ont déjà levé plus d’un million d’euros. En 2021, un rapport de l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’économie estimait à environ 1 500 les start-up de ce type. Cet écart s’expliquerait par une démarche d’identification un peu plus poussée, voire par un phénomène un peu supérieur de création d’entreprises. Parmi ces start-up, 44% sont catégorisées en tant que deeptechs, car elles entretiennent des liens forts avec le monde académique ou nécessitent une forte intensité capitalistique.



