Au zoo de Vincennes, un robot se fond dans la colonie de manchots de Humboldt

[L’industrie c’est fou] Les manchots de Humboldt du Parc zoologique de Paris, dans le bois de Vincennes, sont étudiés au moyen d’un robot destiné à se fondre dans la colonie. L’IA est également mise à contribution.

Manchots de Humboldt et leur robot au zoo de Paris/Vincennes
Prochaines étapes potentielles pour le développement du robot, des tests en Afrique du Sud ou au Chili.

Les manchots de Humboldt font partie des animaux star du Parc zoologique de Paris, au bois de Vincennes. Parmi eux, les visiteurs peuvent de temps en temps apercevoir... un robot. L’établissement poursuit les tests d’une machine destinée à faciliter l’étude de leur comportement. Tantôt déguisé dans un sac, tantôt à l’état brut, l’engin n’en est pas à son coup d’essai : ce rover s’inscrit dans le cadre d’un projet d'étude physiologique et comportementale des manchots en Antarctique face aux changements climatiques. Il devrait prochainement effectuer des tests en Afrique du Sud ou au Chili.

Dans le zoo, une trentaine de manchots sont suivis depuis 2020 grâce à une puce qui collecte leur identité et leur âge, ainsi que leur poids grâce à une passerelle de pesée. Les individus sont à la pointe de la technologie, puisqu’un dispositif de reconnaissance visuelle, assisté par une intelligence artificielle, a également été déployé pour étudier leur comportement. Six manchots disposent par ailleurs d’implants de surveillance cardiaque.

Le robot vient en appui, avec pour objectif de s’approcher au plus proche de la colonie, sans l’effrayer, en se fondant dans l’environnement, pour prendre des photos d'un point de vue inédit.«Selon la forme et la couleur du robot, et selon la saison, les manchots réagissent différemment, notamment en période de reproduction», observent les biologistes du zoo sur son site internet. 

Des tests préalables au zoo

La technique a déjà été utilisée en Antarctique, dans le cadre d’un projet de recherche mené par le Muséum national d’histoire naturelle (qui gère le Parc zoologique de Paris), le CNRS, l’Université de Strasbourg et le département polaire du Centre scientifique de Monaco, sous la houlette du chercheur Yvon Le Maho, qui planche de longue date sur la question – un prototype de robot-manchot a notamment été envoyé en 2015 en Terre Adélie, après un premier projet initié en 2011.

Au Parc zoologique de Paris, différentes configurations de prototypes sont testées, loin de la banquise. «Il est beaucoup plus facile de suivre toutes les expériences et de mesurer les résultats. Enfin, cela permet de voir et d'analyser des comportements qui sont en fait totalement impossibles à observer dans la nature», justifie le Centre scientifique de Monaco, qui souligne que le choix d’un zoo permet aussi de réduire le temps nécessaire entre la conception et le déploiement de la solution technique sur le terrain. 

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