Rien n’est trop difficile pour un escargot. Alors une armée de ces petits gastéropodes cybernétiques, à l’assaut de terrains escarpés, pourrait bien déplacer des montagnes. C’est le défi que souhaite relever une équipe de recherche chinoise. Le récit de leur aventure rampante fait l'objet d'une publication dans la revue Nature Communication, le 29 avril 2024. En configurant un essaim de robots, inspirés des escargots géants d’Afrique, les gastéropodes robotiques acquièrent la faculté de grimper à peu près partout.
Contrairement aux versions précédentes qui se limitaient à des environnements intérieurs contrôlés, l'armée de «rampeurs» ose les terrains les plus escarpés. Ces coques métalliques montées sur chenilles magnétiques disposent de deux modes pour exploiter au mieux leurs capacités adhésives : l’un «libre» qui leur permet d'utiliser des chenilles en caoutchouc légères pour couvrir le sol ; l’autre «fort» qui permet aux robots escargots, grâce à une ventouse de type aspirateur, une adhérence plus robuste pour franchir des obstacles plus difficiles. Et les gastéropodes cuirassés peuvent même s’assembler ensemble pour former un bras robotique, capable de manipuler des objets.
Mouvements collectifs
Pour réaliser des tâches complexes, les chercheurs chinois se sont inspirés de comportements collectifs observés chez les animaux dans leurs milieux naturels : un pod d’orques collaborant pour chasser, des bourdons partageant leurs savoirs ou des grands troupeaux se mouvant en toute sécurité grâce à la force du nombre. Tous les robots escargots sont connectés à un terminal de contrôle informatique centralisé via des modules Wi-Fi. Et pas question de les diriger un par un. Si les mouvements d'avance ou de rotation sont envoyés vers un seul individu, le reste des troupes se reconfigure automatiquement.
Mais des contraintes subsistent. Les coques des escargots ne peuvent pas être excessivement recouvertes, car cela affecterait leur connectivité. Le développement d’algorithmes avancés de contrôle des essaims et de stratégies de prise de décision autonome sont autant de pistes d’amélioration. Objectif : produire une armée de gastropodes cuirassés encore plus automatisés et polyvalents. Il faudra pour cela pouvoir localiser les gigoteurs. Pour le moment, le système de localisation envisagé se base sur des aimants, qui pourraient mal interagir avec ceux déjà présents sur les «gastéro-cuirassés». La route des baveurs robotiques est décidément encore semée d’embûches.




