Aldebaran, ancienne pépite française passée entre les mains du japonais Softbank avant d’être rachetée par l’allemand United Robotics Group, peaufine sa stratégie. Avec son robot uLink, dévoilé à l’occasion du salon Viva Technolody qui se tient du 22 au 25 mai à Paris, l'entreprise souhaite séduire les secteurs de la logistique et de la santé.
Comme son prédécesseur Plato, destiné lui au marché de l’hôtellerie-restauration, ce nouveau-né prend une forme cylindrique, se déplace sur roues et arbore une tablette tactile en guise de tête, permettant de lui transmettre des instructions. Un robot moins spectaculaire qu'Atlas de Boston Dynamics, mais déjà en cours de tests dans des usines.
Jusqu'à 60 kg d'emport
Si de l’extérieur les deux robots d'Aldebaran sont jumeaux, les technos embarquées diffèrent. uLink peut transporter le double de poids – jusqu’à 60 kg – il peut se recharger par induction, monter et descendre des pentes, se voir fixer divers accessoires mécaniques et électroniques. Cette modularité vise à répondre à un large éventail d’usages : des bacs pour transporter du linge à l’hôpital, des raques de rangement pour des plateformes logistiques, des tablettes pour des plateaux repas… Un lidar plus performant équipe uLink. Et les trois caméras présentes sur Plato sont remplacées, quant à elle, par un lidar 3D, qui permet au robot d’identifier les volumes sur les côtés, ainsi qu’un capteur stéréo actif.
Autre point différenciant : le logiciel embarqué. Adelbaran propose son propre logiciel pour utiliser uLink, qu'il soit ou non connecté à un cloud. Il est également possible d’accéder à un kit de développement logiciel (SDK) pour concevoir ses propres applications. Une flexibilité nécessaire pour séduire un marché le plus large possible : des entreprises souhaitant garder la plus grande confidentialité aux restaurateurs ayant besoin d’une solution clé en main.
Une fonction 'follow me'
Pour séduire le secteur de la logistique, déjà largement inondé d’AGV – des petits robots mobiles autonomes avec une grande capacité d’emport – mais où arrivent aussi les robots bipèdes, Aldebaran mise sur la facilité d’utilisation. «Il n’est pas nécessaire d’avoir fait une école d’ingénieur pour déployer ce produit !», s’exclame Jean-Marc Bollmann, directeur général d’Aldebaran. Avant d’utiliser le robot, il faut enregistrer la carte du lieu où il est amené à se déplacer ainsi que les divers points d’intérêt. «Pour Plato, il faut le pousser manuellement dans l’espace et préciser au fur et à mesure les points d’intérêt en le positionnant précisément dans le sens souhaité», détaille Sandrine Tourcher, responsable produit chez le roboticien.
Une tâche quasi impossible à réaliser dans le secteur de la logistique où les entrepôts peuvent faire des dizaines de milliers de mètres carrés… Aldebaran propose donc de faire cette cartographie en mode semi-autonome. Il suffit de commander à distance le robot avec un joystick pour lui dire d’explorer une zone d’intérêt. Enfin, une fonction 'follow me' est également disponible sans qu’il soit nécessaire de cartographier l’environnement : le robot suit alors la personne ayant enclenché l’action.
Un prix aux alentours de 18 500 euros
Aldebaran entend s'adresser aux métiers en tension avec ses solutions robotiques. Le robot doit être perçu comme un «un système pour soulager les tâches pénibles et dégager du temps pour que l’humain se concentre sur les tâches à valeur ajoutée», glisse Jean-Marc Bollmann. Dans cette vision, le robot ne vient pas complètement remplacer un humain sur un métier. Et pour s’inscrire dans un timing concurrentiel, Aldebaran entend accélérer la sortie de nouveaux produits avec un cycle de développement de neuf mois : trois mois pour produire un prototype, trois mois pour faire une preuve de concept (PoC), et trois mois pour l’industrialisation.
Avec uLink, l'entreprise rêve de produire 5 000 robots par an, contre un maximum de 2 000 unités par an pour Plato. uLink sera vendu à un prix aux alentours de 19 900 euros l’unité sans accessoire ou 700 euros par mois pour la location. La commercialisation est attendue pour la fin de l’année.



