Attraper ou déposer de la vaisselle, récupérer un ours en peluche tombé au sol, débarrasser un fauteuil de ses miettes de chips… C’est avec ces quelques exemples de la vie quotidienne que le célèbre fabricant d’aspirateurs sans sac Dyson – né en Grande-Bretagne mais dont le siège est à Singapour depuis 2019 – a dévoilé sa dernière ambition : construire un robot pour la vie de tous les jours.
700 roboticiens recherchés
Longtemps gardé « top secret », ce projet a été dévoilé à l’occasion de la Conférence internationale sur la robotique et l’automatisation (Icra), qui se tient à Philadelphie (Etats-Unis) jusqu'au 27 mai. Dyson, qui ne lève qu’un coin de voile sur son travail, précise se concentrer principalement sur le « cerveau » du robot. Comprendre les logiciels de pilotage et de perception indispensables pour permettre aux bras robotiques d’opérer dans un environnement domestique. Par nature désordonné et imprévisible.
Dyson Saisir des assiettes impose de concevoir des robots couplant vision et doigté (crédits : Dyson)
Pour parvenir à ses fins, l’entreprise, qui a recruté 2000 personnes, précise vouloir embaucher 250 ingénieurs spécialisés en robotique, et viser 700 recrutements dans le secteur au cours des cinq prochaines années. Elle se targue de vouloir construire « le plus grand centre de recherche en robotique du Royaume-Uni » sur l’ancien aérodrome d’Hullavington, à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Bristol. Elle prévoit aussi de créer deux laboratoires de R&D, à Londres et à Singapour. Dyson planifie d’investir 2,75 milliards de livres (environ 3,2 milliards d’euros) dans les nouvelles technologies, dont la robotique, d’ici 5 ans.
Dans la course avec Tesla, Alphabet et Toyota
Après son échec dans la voiture électrique, sur laquelle Dyson s’était positionné et avait massivement investi avant de jeter l’éponge en 2019, le groupe semble faire de la robotique pour la maison l’un de ses nouveaux chevaux de bataille. Parvenir à piloter un robot au sein d’une maison ne sera cependant pas simple, et nécessite de lever de nombreux verrous technologiques. Pourquoi ce pari ? « La robotique a un beau futur devant elle. Elle permet de faire gagner du temps aux gens, de réaliser des tâches ménagères à leur place et d’améliorer leur vie quotidienne », argumente Jake Dyson, le fils du fondateur de l’entreprise éponyme qui en est aujourd’hui l’ingénieur en chef, dans une vidéo promotionnelle. Il précise que Dyson investit dans le domaine avec un horizon d’une dizaine d’années.
Un discours qui fait écho à l’irruption de plusieurs grandes entreprises innovantes sur le secteur de la robotique domestique. Après avoir lancé le projet Everyday Robot en 2019, Alphabet a présenté en juillet 2021 sa nouvelle filiale dédiée aux logiciels pour la robotique, Intrinsic. En août, c’était au tour du constructeur automobile Tesla de présenter Optimus, un projet de robot humanoïde mystérieux, mais dont l’objectif est là encore d’accompagner l’humain dans ses tâches, à l’usine comme à la maison. Depuis plusieurs années, le japonais Toyota dévoile aussi régulièrement ses progrès du côté des robots domestiques. Reste à voir si derrière les annonces et les progrès de laboratoire, les applications commerciales suivront pour gagner les maisons.



