L’Apple Watch à écran MicroLED continue à jouer l’arlésienne. Selon les informations d’un acteur clé de la chaine logistique de la firme à la pomme, décodées par L’Usine Nouvelle, elle devrait être commercialisée en 2026, et non en 2025 comme prévu auparavant. Ce serait ainsi la deuxième fois que ce lancement est reporté d’un an.
Lors de la présentation de ses résultats annuels le 9 février 2023, le fabricant austro-allemand de semi-conducteurs AMS Osram a indiqué s’attendre à ce que sa nouvelle usine de puces MicroLED en Malaisie commence à générer des revenus en 2025. Mais il a précisé que ces derniers devraient rester modestes en 2025 car issus de la livraison d’échantillons. Le passage aux grands volumes est prévu en 2026 pour le lancement commercial du produit d’un grand client.
Une usine de puces MicroLED créée spécialement pour Apple
Comme c’est la règle avec Apple, AMS Osram ne cite ni le nom du client ni celui du produit en question. Mais le nom de la firme à la pomme et de sa montre Apple Watch ne font aucun mystère. AMS Osram est le partenaire clé du projet de développement de l’Apple Watch à écran MicroLED. Sa nouvelle usine en Malaisie a été spécialement créée pour fournir les puces MicroLED de l’afficheur de ce futur produit. Selon le cabinet Yole Développement, Apple pourrait avoir contribué au financement de cette usine de 800 millions d’euros en contrepartie de l’exclusivité de l'accès à sa production pendant un certain temps.
Alors pourquoi ce deuxième report ? Apple préférerait attendre que la technologie soit au point et qu’elle réponde à ses exigences de qualité, de performances et de coûts. Et tant pis si des concurrents comme Samsung, Huawei ou Xiaomi lui volaient la vedette en commercialisant avant lui des montres à écran MicroLED. Alors que les LED classiques mesurent plus de 300 microns de coté, AMS Osram en est aujourd'hui à des MicroLED de 30 x 15 microns, et entend poursuivre la miniaturisation pour réduire les coûts, condition indispensable à l'utilisation de la technologie dans des applications à gros volumes comme les montres connectées.

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Techno ultime d'affichage électronique
Les écrans MicroLED sont annoncés comme la technologie ultime d’affichage électronique. Ils sont construits par juxtaposition de puces LED microscopiques à raison de trois par pixel (une rouge, une verte et une bleue) pour créer toutes les nuances de couleur de l’image directement sans rétroéclairage. Par rapport aux écrans actuels Oled, qui équipent aujourd’hui les montres connectées, ils offrent des gains en termes de luminosité, de durabilité, d’efficacité ou encore de temps de réponse. L’un des avantages mis en avant est l’amélioration de la lisibilité de l’affichage en extérieur.
Apple planche sur cette technologie d’affichage depuis plus de 10 ans. Selon Yole Développement, le géant californien des mobiles a investi avec ses partenaires plus de 2 milliards de dollars dans ce développement. Il a choisi l’Apple Watch comme premier de ses produits à embarquer un écran MicroLED. Un projet test avant d’envisager l’extension de cette technologie à d’autres produits de la marque à la pomme comme le casque de réalité virtuelle et augmentée Vision Pro ou l’iPhone.
Quel rôle pour Foxconn ?
Pour concrétiser son projet, Apple s’est entouré de trois partenaires : AMS Osram pour les puces MicroLED, TSMC pour les circuits intégrés pilotes et LG Display pour l’intégration de l’écran. L’industrialisation de cette technologie bute sur de gros problèmes de rendement et de coût. L’une des opérations les plus critiques réside dans le transfert des puces MicroLED de la plaquette de semi-conducteurs vers le panneau de l’écran. Apple dispose en interne d’un procédé de transfert électrostatique hérité du rachat en 2014 de la start-up californienne LuxVue Technology. Qui serait chargé de cette opération délicate ? Peut-être Foxconn, qui assemble la grande majorité des iPhone et qui s’est engagé récemment à accélérer l’industrialisation des écrans MicroLED.
Apple dépend aujourd’hui de fournisseurs extérieurs comme LG Display, Tianma Microelectronics, Sharp ou Japan Display pour les écrans Oled de ses montres connectées. Le développement de sa propre technologie d’écrans MicroLED le libèrerait de cette dépendance tout en lui permettant de se différencier de la concurrence. Mais son projet reste incertain tellement les défis à relever sont immenses. Selon Yole Développement, il pourrait se terminer par un échec, qui tuerait dans l’œuf toute cette filière émergente d’écrans plats.



