Affaibli par la demande et la grève chez Boeing, Syensqo envisage 122 licenciements en France

Séparé de Solvay depuis moins d’un an, le chimiste belge Syensqo affronte une première année compliquée avec quelques marchés difficiles, comme l’automobile, ou encore l’impact, qui reste à déterminer, de la longue grève chez Boeing. Entre 300 et 350 réductions de postes sont envisagées dans le monde, dont 122 en France.

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Séparé de Solvay depuis moins d'un an, le chimiste belge Syensqo connait un premier exercice délicat même si ses indicateurs financiers ont rebondi au troisième trimestre.

C’est une mauvaise nouvelle de plus pour l’industrie chimique en France. Séparé de Solvay fin 2023, Syensqo va réduire lui aussi la voilure dans l’Hexagone. Environ 122 postes seraient sur la sellette, selon les déclarations d'Ilham Kadri, la PDG du chimiste belge, lors de la conférence en ligne des résultats du troisième trimestre 2024. Ces potentielles coupes en France s’inscrivent dans le cadre d’un plan de restructuration estimé à 300 voire 350 suppressions de postes dans les effectifs mondiaux, principalement en France, en Belgique, en Italie et aux Etats-Unis. Syensqo, qui recense plus de 13000 salariés dans le monde, évoque pour le moment l’ouverture de processus de consultations sans préciser de calendrier pour ce projet, destiné à mieux adapter le groupe aux besoins de ses clients et à concentrer ses forces sur les projets de croissance.

En France, Syensqo recense aujourd’hui plus de 2000 salariés. Aucun autre détail n’a été livré par le groupe au sujet des 122 réductions de postes envisagées, ni sur les segments et fonctions visés, ni sur les sites industriels qui pourraient être concernés. Actuellement, le groupe dénombre six sites industriels dans le pays, dont trois pour sa division Novecare (spécialités pour l’agrochimie, l’hygiène et les revêtements) à Melle (Deux-Sèvres), Méréville (Essonne) et Clamecy (Nièvre), et des usines à La Rochelle (Charente-Maritime, matériaux pour batterie), Saint-Fons (Rhône, arômes) où a été annoncé en début d'année l'arrêt de la production de vanilline, et son grand site de Tavaux (Jura, polymères de spécialité).

Des ventes et une profitabilité en berne 

Malgré un rebond de ses indicateurs financiers au troisième trimestre, Syensqo fait face à une première année compliquée, marquée par «un environnement très incertain, en particulier pour la demande dans l’automobile», a commenté Christopher Davis, le directeur financier, lors de la présentation des résultats.

Pour les neuf premiers mois de 2024, les ventes du groupe ont faibli de 5,6% en un an, à 4,96 milliards d’euros, l’Ebitda a perdu 9,1%, à 1 milliard d’euros, et le bénéfice net a fondu de 68%, à 128 millions d’euros. Toutes les divisions enregistrent des reculs de 4% à 14% de leurs ventes, à l’exception de Novecare qui stagne, et de la division Matériaux composites qui affiche en revanche une croissance de 14% sur 9 mois.

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L’impact financier de la grève chez Boeing pas encore dévoilé

Toutefois, cette division particulièrement centrée sur les ventes dans les domaines de la défense et de l’aéronautique souffrira forcément de la longue grève chez Boeing qui vient juste de s’achever. «L’impact de cette grève au troisième trimestre a été relativement limité mais notre prévision du quatrième trimestre intègre l’arrêt complet pendant trois mois de certaines usines» de Boeing, prévient Christopher Davis. Lequel précise que ces activités à l’arrêt chez l’avionneur américain représentent «environ 60% de nos ventes chez Boeing, principalement sur les programmes 737 et 777, tandis que la montée en cadence de la production du 787 n’a pas été concernée par la grève».

Ilham Kadri a contrebalancé ces mauvaises nouvelles par l’annonce de «la création de plus de 700 emplois» dans le groupe «d’ici la fin 2025». Ces embauches prévues sont liées à la phase finale de la séparation de Syensqo d'avec Solvay, qui porte notamment sur les systèmes informatiques. Lesquels deviendront complètement autonomes d’ici un an.

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