C’est l’un des métaux incontournable de la mobilité électrique. D’ici 2030, les besoins en lithium de l’Union européenne, à elle seule, devraient être multipliés par 18. Les réserves sont abondantes, notamment en Amérique latine qui concentre les principales ressources mondiales derrière l’Australie. Mais son extraction des salars andins recourt à l'évaporation d’énormes quantités d’eau dans des régions en stress hydrique permanent. D’où les préoccupations de plus en plus pressantes des industriels pour disposer d’un métal extrait de façon plus propre. La pépite francilienne Adionics entend révolutionner le processus d’extraction du lithium, en limitant les impacts environnementaux.
Créée en 2012 par un ancien ingénieur d’Air Liquide, l’entreprise a mis au point une technologie de déionisation liquide-liquide. Un extractant permet de séparer de façon sélective les sels de l’eau à température ambiante. Il peut ensuite être régénéré, après avoir été chauffé à 80°C, sans ajout d’autres produits chimiques. Le processus est moins énergivore et plus performant que les processus traditionnels d’extraction. « Le marché ciblé au départ était la production d’eau par dessalement d’eau de mer », raconte Patrick Peters, le directeur de la société de 15 salariés. En 2017, la société a préféré faire un virage stratégique vers le lithium, à bien plus forte valeur ajoutée. Deux pilotes industriels, opérés à Masdar aux Emirats arabes unis avec le groupe Suez et en France à Martigues (Bouches-du-Rhône) avec EDF, ont validé la technologie pour la désalinisation de l’eau.
100 fois moins de consommation d'eau
La clean tech veut désormais passer à l’échelle industrielle. Lauréate de la phase 3 du concours mondial d’innovation fin 2020, elle vient de réaliser une deuxième levée de fonds de 7 millions d’euros, auprès notamment du fonds PSIM de Bpifrance, créé pour soutenir les sociétés primées du concours mondial d’innovation, du fonds Supernova et du family office Celeste management. Le tour de table va financer la construction d’un démonstrateur d’une capacité de 200 tonnes de carbonate de lithium par an. L’unité sera mobile et devrait opérer pendant 4 à 6 mois dans plusieurs mines en Argentine et en Bolivie à partir de début 2022.

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Des négociations commerciales sont en cours avec des majors et des juniors minières. « Le cycle de production est inférieur à 24 heures, contre 12 à 15 mois pour les méthodes traditionnelles. Il permet de diviser par 100 la consommation d’eau », avance Patrick Peters, le directeur d’Adionics. La technologie permet de récupérer 90% du carbonate de lithium présent dans les saumures, contre 30 à 40% environ avec les méthodes actuelles, et d'atteindre des niveaux élevés de pureté du lithium. De quoi révolutionner le marché, espère Adionics, qui prévoit de doubler ses effectifs cette année. « Notre technique d’extraction rend exploitables des gisements, notamment en Argentine et en Bolivie, que les méthodes actuelles ne permettent pas de valoriser », s’enthousiasme Patrick Peters, qui prévoit d’autres applications pour sa technologie. L’entreprise vise désormais 100 millions d’euros de chiffre d’affaires à cinq ans.



