Le lithium fait l’objet "d’intenses tractations, de l’Asie au continent américain", alerte l’Afnor. Malgré l’essor de ce minéral majeur de la chaîne de production des batteries électriques, mais aussi de l’industrie du verre et de la céramique, "les critères partagés n’existent pas, que ce soit à l’échelle française, européenne ou internationale". La Chine compte y remédier.
L’organisme français de normalisation appelle donc tous les producteurs et utilisateurs industriels français à participer aux débats qui fixeront, demain, des normes volontaires (ISO) faisant référence quant à la pureté et la composition chimique, mais aussi les conditions de livraison du lithium, dont la demande est en croissance de 20% par an. En Europe, les besoins devraient être multipliés par 18 d’ici à 2030, et par 60 en 2050.
Appel aux industriels français
L’Afnor rallie depuis juin les organismes publics (BRGM, DGALN au ministère de la Transition écologique, Comes) et les industriels des industries extractives (Eramet, Orano, Imerys), des batteries (Saft) mais aussi la filière automobile, qui prend le virage du véhicule électrique, pour faire porter leur voix dans le comité technique présidé par la Standardization Administration of China (SAC). "La Chine a mis sur la table de l’ISO plus de 100 normes [108 précisément, ndlr] élaborées au plan national", ajoute l’Afnor. Des propositions de normes dont le détail n’est actuellement pas connu, mais qui "serviront de base de discussions au sein du comité international ISO, qui devrait se réunir au premier trimestre 2021", explique à l’Usine Nouvelle David Krupka, chef de projet Afnor en charge du lithium. Si l’Australie, le Chili et l’Argentine contrôlent le gros de l’extraction de lithium, la Chine en assure en grande partie la transformation.

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Le comité technique ISO a défini un champ très large pour ses travaux, qui couvrent la normalisation de l’exploitation minière, la concentration, l’extraction, la séparation et la transformation du lithium en matériaux/composés au lithium utiles (y compris les oxydes, sels, métaux, alliage mère, matériaux des batteries au lithium, etc.), recyclage compris. Une approche holistique qu’elle avait déjà choisie dans les terres rares.
Le programme de travaux qui attendent les participants comprend "la terminologie, les conditions techniques de livraison pour maîtriser les difficultés liées au transport et des méthodes d’analyse et d’essais unifiées pour améliorer la qualité générale des produits au lithium", précise le comité ISO sur son site. "Le travail de normalisation se déroule en trois étapes : accès aux documents partagés dans un espace neutre, co-construction de la rédaction en groupes de travail puis vote", complète David Krupka.
Le rôle des normes dans les prises de position sur le marché international
Outre qu’elles certifient des conditions de production, les normes ISO facilitent la transparence du marché en fixant des référentiels communs utilisables, par exemple, sur les marchés des métaux comme le London Metal Exchange. Or le marché du lithium, qui manque sévèrement de transparence actuellement, bénéficierait de la multiplication de contrats à terme adaptés aux différents besoins de l’industrie.
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Une étude réalisée par l’Afnor et le BIPE en 2016 identifie un autre gain : les entreprises parties prenantes des commissions de normalisation affichent un taux de croissance annuelle moyen de 4%, soit 20% de plus que l’ensemble des entreprises. La causalité n’est pas démontrée (cette participation peut être l’indicateur d’une démarche plus globalement proactive), mais les entreprises participantes témoignent s’ouvrir des marchés en étant au bon endroit, au bon moment, avec le bon produit. L’Afnor a pu le vérifier dans la plasturgie et dans la filière bois-papier. Elles affichent également un taux d’export nettement supérieur (+19%) grâce à ce langage commun. Le lien est constaté, entre autres, dans la construction.



