Du nouveau dans le déploiement d'objets connectés pour les bâtiments. Adeunis et Birdz ont annoncé le 3 mai un partenariat afin de réaliser des offres communes. “Il va y avoir une pression globale des utilisateurs des bâtiments sur la baisse de la consommation d’énergie et le fait de s’assurer d’être dans un environnement sain”, estime Frank Fischer, PDG d’Adeunis.
Créée il y a vingt ans, cette PME (32 personnes, 6,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019-20) de Crolles (Isère), spécialisée dans la conception de capteurs et de solutions sans fil utilisant les réseaux d’internet des objets (IoT), s’est spécialisée sur le smart building et la smart city. Elle fournira, au cours des trois prochaines années, des capteurs connectés (qu’elle fait fabriquer) à Birdz, formalisant sur une longue durée une relation fournisseur-client qui était déjà engagée. Birdz (1170 personnes, quatre sites dont un siège à Lyon, 50 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020), filiale de Veolia, est pour sa part concepteur-intégrateur de solutions IoT dans le secteur des services à l’environnement. 95% des 3,5 millions d’objets connectés qu’elle opère sont actuellement branchés dans l’univers de l’eau.
“Nous souhaitons adresser davantage le marché de la gestion énergétique des bâtiments. Nous nous appuyons principalement sur les objets connectés d’Adeunis pour pouvoir monitorer l’usage des bâtiments”, expose Xavier Mathieu, directeur général de Birdz. Suivi de la consommation d’énergie, de gaz, d’eau, de la température, de la qualité de l’air intérieur, gestion des ouvrants et de la VMC font partie des solutions possibles par l’intermédiaire des capteurs et des logiciels fournis par les deux entreprises, qui souhaitent renforcer leur place sur le marché de la gestion énergétique des bâtiments.
Des clients à convaincre
“Au-delà de la capacité très importante à faire baisser la consommation d’énergie, le déploiement des bâtiments connectés va permettre de faire émerger des solutions autour du bien-être : qualité de l’air intérieur, participation des usagers à la vie du bâtiment”, poursuit Frank Fischer. Des commandes étaient régulièrement passées par Birdz chez Adeunis depuis trois ans. Toutes deux figurent parmi les pionnières de la Lora alliance, qui a contribué au déploiement de protocoles pour l’IoT.
Pour permettre le déploiement à plus grande échelle de ces solutions, il faudra convaincre, reconnaît Xavier Mathieu : “les freins aujourd’hui sont surtout économiques. Il y a un retour sur investissement assez rapide dans le bâtiment, mais mettre un prix derrière un capteur de qualité de l’air, ce n’est pas évident.” Autre facteur d’inquiétude à lever, celui de la sécurité des données. Adeunis a ainsi ajouté une possibilité d’historiciser les données de ses capteurs, un moyen de rassurer les utilisateurs, dont certains ont été échaudés par l’impact survenu il y a quelques semaines sur le site strasbourgeois de l’hébergeur OVH.



