La négociation a duré toute la nuit du 1er au 2 décembre. La proposition de la direction a finalement été acceptée par trois syndicats (FO, CFE-CGC, CFTC) sur cinq (CFDT et CGT ne signent pas), représentant 62% des salariés. Chez Stellantis, les négociations annuelles obligatoires (NAO) se terminent par une augmentation de 5,3% des salaires, se décomposant en augmentation générale de 4,4% pour les ouvriers et de 2 à 4% pour les techniciens et agents de maîtrise, le reste étant consacré aux augmentations individuelles et aux revalorisations de primes. La prime pour télétravail passe de 10 à 15 euros, la prime transport augmente de 10%, une prime «team leader» de 15 euros est créée. Force ouvrière a calculé qu’un ouvrier payé 2 000 euros bruts sera augmenté de 100 euros bruts.
Les syndicats revendiquaient de 7,3 à 8,5% d’augmentations, pour au moins rattraper une inflation à 6,3%. Dans un communiqué, la CFE-CGC, qui n’a pas obtenu d’augmentations générales pour les cadres, dit signer la proposition par crainte, sinon, de donner à la direction «toute latitude pour mettre en œuvre des mesures unilatérales moins-disantes», ce qui ne serait pas responsable, selon le syndicat. La direction avait prévenu que faute d’accord, elle pratiquerait des augmentations plus faibles. L’an dernier, aucun syndicat n’avait signé l’accord salarial.
Non-signataire, la CFDT appelle à des mobilisations
Faute de rattrapage de l’inflation, les syndicats ont obtenu un calendrier accéléré. Les NAO ont été avancées; à décembre au lieu de début d’année, et les augmentations entreront en vigueur pour tous dès janvier, alors que la direction comptait les répartir sur l’année. Une clause de revoyure en juin est également présente dans l’accord, avec les seuls signataires, afin de rediscuter des hausses de salaire si l’inflation poursuit sa course. Non-signataire, la CFDT reproche à l’accord de ne pas rattraper l’inflation, mais surtout de ne pas correspondre à un juste partage de la valeur, alors que Stellantis réalise des bénéfices record et que son patron s’est octroyé une augmentation, elle aussi, record.
«Comment signer un accord salarial qui accordera une augmentation générale inférieure à 4,5%, quand son PDG augmente son salaire de 17%? Comment signer un accord salarial qui n’accorde pas un talon pour mieux protéger les plus bas salaires alors que le groupe atteint une marge opérationnelle record de 14,1%? Comment signer un accord salarial n’accordant aucune augmentation générale pour les cadres alors que le groupe a dégagé un bénéfice net de 8 milliards d’euros au premier semestre 2022?», liste le syndicat dans un communiqué. Il promet des actions et mobilisations dans tous les sites en janvier. A Sochaux (Doubs), navire amiral du groupe, des débrayages sont prévus les 13, 14 et 15 décembre, pendant les heures supplémentaires. «La direction donne le minimum, les salariés aussi», conclut le communiqué de la CFDT.



