A Leffrinckoucke, les syndicats d'Ascometal rejettent l'offre de reprise de Sidenor

Réunis le matin du 16 mai à l'initiative de l'intersyndicale (CGT-CGC-CFDT) devant leur usine, les salariés d'Ascometal de Leffrinckoucke, dans le Nord, ne veulent pas payer les pots cassés de leur actionnaire Swiss Steel. Une offre de reprise a été déposée par l'espagnol Sidenor, 100 des 170 salariés de l'usine seraient repris.

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Ascometal
L'offre de Sidenor pour l'usine Ascometal de Leffrinckoucke ne propose la reprise que de 100 des 170 CDI.

Même s'ils n'étaient pas surpris, le placement en redressement judiciaire d'Ascometal, le 27 mars dernier, a plongé les salariés du site nordiste de Leffrinckoucke dans la crainte. Crainte de l'absence d'un repreneur, mais crainte aussi de la manifestation d'un repreneur qui ne garderait pas l'ensemble des effectifs, à savoir les 170 salariés en CDI.

Des offres à la découpe

Repris en 2018 par Swiss Steel, Ascometal est aujourd'hui en difficulté. Le site d'Hagondange (Moselle), celui du Marais (Loire), celui de Custines (Meurthe-et-Moselle), la holding à Paris et le centre de recherches en Moselle sont convoités par l'italien Acciaierie Venete. L'usine de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) intéresse un autre italien, le groupe familial Marcegaglia.

Dans le Nord, l'Espagnol Sidenor a manifesté son intérêt de reprise. «Malheureusement, on est sur une vente à la découpe, regrette Philippe Verbeke, coordinateur national pour la sidérurgie au sein de la fédération métallurgie de la CGT. Même s'il y a des offres de différents acteurs pour les différents sites, on ne peut pas assurer aujourd'hui une continuité d'ensemble pour Ascometal. Ce qui est à mon sens le reflet d'un échec en termes de politique industrielle dans le pays.»

Pour les syndicats, l'offre de Sidenor est «inacceptable» car elle impacte l'emploi : seuls 100 des 170 salariés seraient repris. «Ils invoquent une diminution de la production, or ils se basent sur la production actuelle qui est en deçà des capacités du site. Le laminoir a été démantelé en 2009, or il pourrait être relancé», réagit Philippe Verbecke. L'intersyndicale demande à Sidenor d'améliorer leur offre et dans le cas contraire, elle préfère étudier d'autres offres. Même s'il n'y a pas d'éléments concrets, les salariés espèrent une offre de l'allemand Saarstahl.

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Nationaliser temporairement

C'est la troisième fois en dix ans qu'Ascometal est placé en redressement judiciaire. «Sa situation est emblématique de ce que vit la sidérurgie française depuis une vingtaine d'années, dénonce le syndicaliste. On a assisté à la valse des multinationales et des fonds de pension qui viennent prendre possession des sites et de nos savoir-faire. Chez Ascometal, on sait fabriquer des aciers spéciaux français. Ce sont des pièces de très haute technologie qui sont souvent des pièces de sécurité dans leur domaine final d'application.»

Dans l'hypothèse où aucune autre offre ne serait présentée, la CGT avance l'idée d'une nationalisation de l'usine de Leffrinckouke. «Ne serait-ce que temporairement pour pouvoir assurer une continuité et préserver les productions, précise Philippe Verbeke. Il y a des questions de souveraineté nationale qui sont très sérieusement posées ici.»

La prochaine audience se tiendra fin mai au tribunal de commerce de Strasbourg.

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