Le stand de Schneider Electric attire les politiques. Il a vu défiler le ministre de l’Industrie Roland Lescure au premier jour du salon Global Industrie, à qui le spécialiste des automatismes a montré ses solutions pour la décarbonation, avant d’accueillir mardi 26 mars la secrétaire d'État chargée du numérique, Marina Ferrari. Entre les deux, le directeur France du groupe confie son optimisme. «Si la croissance n’est pas complètement au rendez-vous en cette première moitié de l’année, on s’attend à une seconde partie plus soutenue, notamment avec l’espoir d'un nouveau cycle de baisse des taux d’intérêt», estime Laurent Bataille, avant d’observer : «on ressent vraiment une dichotomie entre les acteurs exportateurs, qui se posent moins de questions avant d’investir dans de nouveaux projets, et les autres, qui nous disent avoir besoin de visibilité pour se lancer».
Pour Schneider Electric, la décarbonation est devenue l’un des moteurs de la croissance. Le groupe présente d’ailleurs à Global Industrie sa nouvelle offre de conseil en la matière, destinée aux industriels qui électrifient leurs usines pour les aider à définir leurs nouveaux besoins de puissance et de connectivité. «La transformation des usines est une tendance assez porteuse pour nous car un verrier qui installe un nouveau four électrique doit revoir toute son infrastructure électrique mais aussi ses automatismes et ses capteurs», souligne Laurent Bataille, qui observe deux autres sources importantes d’investissements : «d’un côté les industriels qui produisent des biens de consommations emballés, qui doivent aller vers des emballages plus recyclés et écoresponsables et qui investissent dans de nouveaux process de packaging, et de l’autre les nouvelles usines de la transition, comme les gigafactories de batteries, les recycleurs, les sites dédiés à l’hydrogène… On les accompagne sur tout ce qui est automatismes, solutions digitales et infrastructure de l’usine».
Les ventes de robots décrochent
Si Olivier Dario concède que la décarbonation est un sujet porteur – et l’un des thèmes majeurs de ce Global Industrie – il ne suffit pas aujourd’hui à apporter de la croissance aux fournisseurs de machines. «La décarbonation devrait avoir un effet positif sur les investissements mais les projets ne se font pas car les budgets sont gelés, estime le délégué général d’Evolis, l'organisation professionnelle des biens d'équipement. On est dans le creux d’une période qui n’est pas favorable. Les marchés sont très attentistes, hormis dans l’aéro et le nucléaire qui poussent très fort.» En cause d’après lui, les incertitudes économiques liées au contexte mondial, avec «des signes inquiétants», en termes de négociation des prix, venus d’Allemagne, où l’industrie connait des difficultés.
Le syndicat, qui a déjà enregistré une diminution des ventes de robots de 23% en 2023, s’attend à publier «des chiffres à la baisse» pour le premier trimestre 2024. «Certains de nos adhérents ne sont pas venus sur le salon cette année car ils doivent eux aussi tailler dans leurs budgets», rapport Olivier Dario, qui espère tout de même «une remontée de l’activité au deuxième semestre 2024», qui pourrait voir se concrétiser les projets reportés.

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Une «team» chez Business France pour accompagner la filière à l’export
«Les projets sont là mais ils sont plus longs à se concrétiser dans le contexte géopolitique actuel, car les entreprises sont plus frileuses et prennent leur temps», confirme Delphine Nénot. La responsable marketing et communication de Fanuc France anticipe tout de même un bon cru 2024 de Global Industrie, où le fabricant japonais de robots et solutions d’automatisation est venu avec des premières européennes – ce qui n’est pas le cas à chaque édition. «Le stand fonctionne très bien, avec pas mal de petites structures qui viennent se faire une idée de ce qui se fait. C’est aussi l’occasion de rencontrer tous nos clients. On ressent vraiment une grosse cohésion.» Parmi les visiteurs qui déambulent devant la dizaine de robots en démonstration, un petit groupe de quatre personnes de chez Valeo, là «pour faire (sa) veille technologique».
Dans le hall 6 du parc des expositions de Villepinte, dédié à l’usinage et au travail des métaux, trois décolleteurs de la vallée de l’Arve se sont réunis sous un même nom, Newtech, qui expose sur le stand du syndicat national du décolletage (Sndec). «Réunir trois savoir-faire dans une offre unique permet de chasser en meute et de venir prospecter de nouveaux marchés, souligne Camille Pasquelin, directrice du Sndec. Il y a beaucoup de clients étrangers sur Global Industrie, cela permet d’avoir de premiers contacts avec eux pour aller à l’export demain.» Malgré un ralentissement des marchés des donneurs d’ordre, la responsable estime que les décolleteurs français résistent bien, notamment par leur capacité à s’être diversifiés pour sortir de la dépendance à l’automobile. Et grâce à une nouvelle demande venue des sous-traitants asiatiques de rang 2, opérant sur les marchés du médical, de la pharmacie et du luxe.
C’est aussi pour les aider à «chasser en meute» que Business France a décidé de lancer, sur ce salon Global Industrie, sa nouvelle team filière Industrie du futur. «Cette filière n’est pas forcément compétitive à l’international et ses acteurs, qu’ils soient dans l’automatisation, la maintenance prédictive, la fabrication additive ou la sous-traitance arrivent souvent en ordre dispersé aux grands salons internationaux, observe Julien Couchourou, chef de service Industrie et cleantech à Business France. L’objectif c’est de travailler avec les fédérations professionnelles comme Evolis et l’Alliance Industrie du futur pour se mettre d’accord sur un certain nombre d’actions prioritaires et définir quelques cibles géographiques prioritaires.» Une manière d’aller chercher des relais de croissance en attendant que les projets reprennent en France. Et de penser déjà aux prochains grands rendez-vous industriels.



