«Cette décision illustre un capitalisme de voyous», martèle Gilles Bourdouleix, maire (DVD) de Cholet, venu dès l’annonce de la fermeture de l’usine Michelin, partager la colère et la sidération des 955 salariés. Cette usine de pneus de tourisme et de camionnettes fait partie du paysage industriel de choletais depuis 54 ans. Elle doit fermer ses portes au plus tard au début de l'année 2026.
L’abattement est palpable devant l'usine. «Michelin, assassin ! On nous fout dehors comme des malpropres», pouvait-on entendre çà et là devant l’usine «On savait que ça allait arriver mais quand on nous l’annonce ce n’est pas la même chose», confie un salarié. «Le traumatisme est profond de l’avoir appris par voie de presse ce week-end et se le voir confirmer aujourd’hui dans la précipitation par la direction de l’entreprise», dit-on à la CFDT.
«Nous le savions tous»
«On va essayer d’organiser la lutte pour garder nos emplois puisque Michelin est un groupe qui n’est pas en difficultés financières, capable de garder nos emplois et continuer à nous payer», soutient David Goubault, secrétaire CGT du site. Une grève immédiate a été engagée pour peser sur les négociations qui vont s’engager tandis qu’une permanence est organisée pour bloquer les stocks déjà produits. «Les difficultés sur ce site existent depuis de nombreuses années, accuse aussi Gilles Bourdouleix. Nous le savions tous. Malheureusement, je déplore le choix stratégique du groupe de ne pas avoir investi et réorienté de nouvelles activités plus rentables et plus florissantes dans les sites historiques comme celui de Cholet.»
«Michelin porte la responsabilité de cette décision brutale. Tout doit être fait pour éviter une fermeture sèche du site et étudier toutes les solutions alternatives pour préserver le site et les emplois existants», estime Guillaume Garot, député (PS) de la Mayenne, chef de file de l’opposition à la région Pays de la Loire. «Michelin a une responsabilité vis-à-vis du territoire et des salariés. Le site industriel ne peut être fermé sans que toutes les options soient mises sur la table et négociées avec les salariés», renchérit Céline Véron conseillère régionale (Place publique) du Maine-et-Loire. «Aucun salarié ne doit se retrouver sans solution et le site de Cholet doit conserver sa vocation industrielle», ajoute Véronique Mahé, autre élue régionale (PC).
Réindustrialisation
Christelle Morançais, présidente Horizon de la région Pays de la Loire reconnaît «une nouvelle extrêmement dure pour les salariés et notre territoire». L’élue se projette déjà dans la réindustrialisation du site. «Je mobiliserai tous nos outils régionaux, en lien avec Michelin et l’Etat, pour soutenir les salariés, soutient-elle. Notre détermination à écrire l’avenir de ce site industriel majeur pour la Région et la France est absolument totale.» Quant au préfet de Maine-et-Loire, Philippe Chopin, il constate lui aussi «une décision radicale» qui «appelle de la part du groupe un plan d’accompagnement exemplaire des salariés et des territoires concernés comme le groupe a pu le faire précédemment.»



