Reportage

A Vannes, la fermeture de l’usine Michelin provoque l'inquiétude des pouvoirs publics

La fermeture d'ici à 2026 de l’usine Michelin de Vannes (Morbihan) provoque l'inquiétude des pouvoirs publics pour l'avenir du tissu économique local. Syndicats et élus veulent croire à la bascule du site de 15 hectares vers d'autres activités.

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AFP NE PAS REUTILISER usine Michelin
Le groupe Michelin va fermer ses usines de Vannes et Cholet.

«C’est une journée noire pour Vannes, un séisme pour le territoire». Les mots du maire de Vannes, David Robo (Horizons), sont à l’image de la consternation des Vannetais après l’annonce, mardi 5 novembre 2024, de la fermeture de l’usine Michelin, d’ici à 2026. «C’est un choc et une profonde tristesse» a abondé la députée morbihannaise (Horizons) Anne Le Hénanff à l’Assemblée Nationale. Avec quelque 300 salariés, l’équipementier automobile est, «le plus gros employeur industriel de l’agglomération», affirme le maire de Vannes, interrogé par L’Usine Nouvelle.

Au-delà de l’impact économique, la symbolique du départ de Michelin est forte : «Le développement de Vannes s’est fait avec l’arrivée de Michelin en 1962», rappelle David Robo avant d’évoquer la cité de 1100 logements, l’usine de traitement des eaux, mais aussi «une ligne de chemin de fer dédiée», construites à la faveur de l’installation de l’équipementier.

Malgré le choc, l’annonce de la fermeture du site vannetais n’a été qu’une «demi-surprise. On voyait poindre la baisse d’activité», admet David Robo, qui rappelle que l’usine a compté jusqu’à 1500 salariés, cinq fois plus qu’actuellement. «Depuis la mise à l’arrêt du site de la Roche-Sur-Yon (Vendée) en 2020, la production de Vannes déclinait», note Pierre Papon, délégué syndical de la CFDT Michelin central. Et pour cause : le site morbihannais produit principalement des renforts métalliques destinés, notamment, à la fabrication des pneumatiques pour poids Lourd, l’activité principale de l’usine vendéenne aujourd’hui close.

La question du devenir du site

Mardi 5 novembre au matin, après l’officialisation de sa fermeture par la direction de l’équipementier automobile, quelques dizaines de salariés et de représentants syndicaux se sont rassemblés devant l’entrée de l’usine Michelin de Vannes. Des pneus ont été brûlés, faisant fondre le bitume. Dans l’après-midi, le lieu avait été déserté, et seul l’asphalte déformé devant la grille témoignait de la présence, plus tôt, de manifestants. Alors que, d’après la CGT, les ouvriers de Cholet envisagent un mouvement de grève, à Vannes, «les salariés et leurs élus doivent encore discuter de ce qu’ils vont faire», indique Romain Baciak, délégué syndical central de la CGT. Comme à Cholet, l’usine est à l’arrêt jusqu’au 11 novembre, « pour permettre à la direction et aux organisations syndicales de proposer des échanges collectifs et individuels aux employés”, précise le groupe dans un communiqué

La question qui se pose, pour les pouvoirs publics, est aujourd’hui celle du devenir du site de 15 hectares abandonné par Michelin. La préfecture du Morbihan a averti, dans un communiqué, que «les pouvoirs publics seront extrêmement vigilants sur la qualité et l’efficience des mesures mises en oeuvre, […] en matière […] de redynamisation du territoire». «Notre territoire est plutôt tertiaire et touristique. L’industrie doit en faire partie», affirme David Robo. Avec la baisse de l’activité de Michelin ces dernières années, «on travaillait déjà, bien avant cette annonce, à attirer de nouvelles entreprises industrielles sur le site», affirme le maire. De fait, la filiale Wisamo de Michelin y développe des voiles gonflables depuis 2023 et APF Entreprises 56, y a installé ses activités dans la tôlerie industrielle, entre autres. En partageant les lieux avec d’autres entreprises, «l’idée était de réduire les coûts et les charges liés au site, mais ça n’a pas suffi» à y retenir Michelin, regrette Pierre Papon.

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